La lutte contre la fraude douanière continue de produire des résultats significatifs au Cameroun. Réunie le 16 juin 2026 à Yaoundé sous la présidence du Directeur général des Douanes, Fongod Edwin Nuvaga, la 218e session de la Commission d’Approbation des Dossiers Contentieux (CADC) a dressé le bilan des infractions enregistrées entre le 15 mai et le 15 juin 2026.
Au cours de cette période, 656 dossiers contentieux ont été examinés par le Secrétariat technique de la commission. Les investigations menées ont permis de mettre en évidence des droits et taxes compromis ou éludés estimés à plus de 2,06 milliards de FCFA, tandis que les amendes infligées atteignent près de 2,97 milliards de FCFA. Au total, les affaires traitées représentent un enjeu financier supérieur à 5 milliards de FCFA pour les recettes de l’État.
Les statistiques présentées lors des travaux témoignent d’une progression notable de l’activité contentieuse par rapport à la session précédente. Les droits compromis ou éludés ont augmenté de 85,6 %, soit près d’un milliard de FCFA supplémentaire. Les amendes enregistrent également une hausse importante de 37,4 %, traduisant un renforcement des actions de contrôle et de répression des infractions douanières.
L’analyse des performances par unité douanière place les services centraux de la Direction générale des Douanes en tête des montants récupérés ou identifiés, avec plus de 1,57 milliard de FCFA de droits compromis ou éludés. Ils sont suivis par les secteurs des Douanes du Littoral I et du Sud II. Le même classement est observé en matière d’amendes, où les services centraux dominent largement les statistiques.
En nombre de dossiers traités, le Secteur des Douanes du Littoral I arrive en première position avec 220 affaires recensées. Les secteurs du Littoral II et du Sud II complètent le podium avec respectivement 112 et 93 dossiers. Au total, onze secteurs douaniers ont contribué à l’activité contentieuse durant la période sous revue.
Les infractions les plus fréquemment relevées concernent l’inexécution des engagements souscrits, qui totalise 136 cas. Elle est suivie par la fausse déclaration dans la valeur avec 119 cas, tandis que l’importation sans déclaration occupe la troisième place avec 87 cas enregistrés.
Toutefois, c’est l’importation sans déclaration qui demeure l’infraction la plus coûteuse pour les finances publiques. À elle seule, cette pratique est à l’origine de plus d’un milliard de FCFA de droits compromis sur des marchandises fortement taxées. Elle figure également en tête des infractions ayant généré les sanctions financières les plus élevées, avec 750 millions de FCFA d’amendes.
Face à ces résultats, le Directeur général des Douanes a appelé les différents services à maintenir la pression contre les réseaux de fraude et de contrebande. Il a insisté sur la nécessité d’améliorer le profilage des risques, de renforcer la coopération entre les unités opérationnelles et de consolider les mécanismes de renseignement afin de préserver les recettes douanières et de garantir une meilleure sécurisation des échanges commerciaux.
Cette nouvelle session de la CADC confirme ainsi le rôle central du contentieux douanier dans la protection des intérêts financiers de l’État et dans la lutte contre les pratiques illicites qui fragilisent l’économie nationale.

Victor Bosco Kelbakal dirige la publication de L’œil Républicain avec la rigueur qu’impose le traitement de l’actualité institutionnelle et sociale. Journaliste d’investigation reconnu pour son analyse factuelle des enjeux publics, il coordonne une ligne éditoriale centrée sur l’éthique et la transparence. Son expertise garantit une information sourcée au service du débat démocratique. Sous son impulsion, le titre s’impose comme une référence majeure de la presse écrite nationale.
















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