Douanes camerounaises : cap sur la fluidification du transit et l’accélération des réformes numériques

L’administration des douanes poursuit sa dynamique de modernisation et de facilitation des échanges. Réunis le 8 juin 2026 à Yaoundé, en présentiel et par visioconférence, les responsables des services centraux et déconcentrés ont reçu de nouvelles orientations visant à renforcer l’efficacité des opérations douanières et à consolider les réformes en cours.

Présidant les travaux du comité de direction hebdomadaire, le Directeur général des Douanes, Fongod Edwin Nuvaga, a insisté sur la nécessité de traduire en actions concrètes les recommandations issues de la récente mission de travail effectuée au Cameroun par le Directeur général des Douanes et Droits indirects du Tchad.

L’objectif affiché est d’améliorer les conditions de transit des marchandises destinées au marché tchadien à travers le corridor camerounais. Les autorités douanières entendent notamment réduire les délais de traitement, optimiser les coûts logistiques et renforcer les dispositifs de sécurisation des flux commerciaux. Une attention particulière devra également être portée à la lutte contre les trafics illicites et les pratiques frauduleuses qui affectent les recettes publiques et la compétitivité des échanges.

Pour atteindre ces objectifs, l’administration douanière préconise un renforcement de la coopération entre les services frontaliers des deux pays ainsi qu’une meilleure implication des autorités locales et des opérateurs économiques intervenant dans le commerce transfrontalier. Cette approche collaborative vise à favoriser une application harmonisée des procédures et à soutenir les ambitions d’intégration économique sous-régionale.

Parallèlement, les Douanes poursuivent le déploiement du système électronique de perception des droits et taxes applicables aux téléphones portables, tablettes et autres équipements numériques importés. Cette réforme, qui suscite un intérêt croissant auprès de plusieurs administrations africaines, vise à améliorer le contrôle des équipements circulant sur le marché national.

Les commerçants détenant des appareils non régularisés sont appelés à se conformer à la réglementation en vigueur en s’acquittant des obligations fiscales correspondantes. Les consommateurs, de leur côté, sont encouragés à vérifier la situation douanière des appareils avant toute acquisition. L’administration rappelle que les mesures de restriction envisagées concernent uniquement les terminaux non enregistrés dans la plateforme dédiée et non les lignes téléphoniques des abonnés.

Au-delà de la sécurisation des recettes, cette réforme poursuit plusieurs objectifs stratégiques : réduire la contrebande, renforcer la transparence des opérations commerciales, promouvoir le civisme fiscal et améliorer la sécurité numérique du pays.

L’autre chantier mis en avant lors de cette réunion concerne les contrats de performance, un mécanisme introduit depuis plusieurs années au sein de l’administration douanière et qui continue de susciter l’intérêt des partenaires internationaux. Les résultats enregistrés sont jugés encourageants, avec notamment une réduction des délais de dédouanement, une amélioration de la productivité des services, une progression des recettes et un meilleur suivi des performances grâce à des indicateurs automatisés.

Cette expérience, déjà saluée par plusieurs institutions internationales, pourrait bientôt faire l’objet d’une mission d’évaluation du Fonds monétaire international. Une reconnaissance qui témoigne de l’intérêt croissant porté aux innovations développées par les Douanes camerounaises en matière de gouvernance et de gestion des performances.

Dans cette même dynamique, une mission de la Banque mondiale a entamé ses travaux au Cameroun dans le cadre du Projet d’amélioration de la performance du corridor Douala-N’Djamena. Cette initiative vise à renforcer davantage la compétitivité de cet axe stratégique pour les échanges commerciaux entre le Cameroun et les pays de l’hinterland.

À travers ces différentes actions, l’administration douanière confirme sa volonté de faire de la facilitation des échanges, de la digitalisation des procédures et de la coopération régionale des leviers majeurs de modernisation et de développement économique.

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