Recettes de services : le gouvernement renforce la mobilisation pour atteindre ses objectifs budgétaires

Alors que les ressources traditionnelles de l’État demeurent soumises aux aléas économiques et aux fluctuations des marchés, le ministère des Finances mise désormais sur une meilleure valorisation des recettes non fiscales pour consolider les finances publiques. C’est dans cette perspective qu’une vaste campagne de sensibilisation a été lancée à l’intention des principaux acteurs de la chaîne budgétaire.

La première étape de cette initiative s’est tenue le 3 juin 2026 à Mbankomo, dans la région du Centre. Organisé par la Division de la Préparation du Budget (DPB), l’atelier a rassemblé ordonnateurs, contrôleurs financiers et comptables publics autour des mécanismes destinés à améliorer la collecte des recettes de services au sein des administrations publiques.

La rencontre intervient dans un contexte marqué par des ambitions budgétaires élevées. La Loi de Finances 2026 fixe en effet à 400 milliards de FCFA le volume de recettes non fiscales attendu au cours de l’exercice, dont une partie devrait provenir de nouvelles mesures de mobilisation mises en place par les pouvoirs publics.

Présidant les travaux, le gouverneur de la région du Centre, Naseri Paul Bea, a souligné l’importance d’une gestion plus rigoureuse des ressources générées par les prestations administratives. Selon lui, de nombreux services rendus par l’État ne produisent pas encore les recettes escomptées, en raison notamment d’un recouvrement insuffisant ou d’une faible prise en compte dans les prévisions budgétaires.

Cette démarche vise également à corriger les contre-performances observées ces dernières années. Les montants collectés restent largement en dessous des attentes, avec environ 30 milliards de FCFA enregistrés en 2024 et seulement 20 milliards de FCFA mobilisés à fin octobre 2025. Des résultats qui traduisent plusieurs insuffisances, parmi lesquelles la faible diffusion des textes réglementaires, l’absence de stratégies efficaces de recouvrement et une maîtrise encore limitée des procédures par certains responsables administratifs.

Au cours de l’atelier, les participants ont été formés aux règles encadrant la liquidation et le recouvrement des recettes non fiscales. Les échanges ont également porté sur les sanctions applicables en cas de manquements ainsi que sur l’évolution des missions des contrôleurs financiers, désormais appelés à jouer un rôle accru dans le suivi et la régulation des recettes publiques.

Après la région du Centre, cette campagne de vulgarisation s’étendra progressivement aux autres régions du pays. L’objectif du ministère des Finances est de créer une dynamique nationale permettant d’améliorer durablement la performance des administrations dans la collecte des recettes de services, devenues un levier stratégique pour la stabilité budgétaire de l’État.

Les recettes non fiscales correspondent aux sommes perçues par l’administration en contrepartie d’un service rendu aux usagers. Elles constituent aujourd’hui un enjeu majeur pour les pouvoirs publics qui cherchent à diversifier les sources de financement du budget national et à réduire la dépendance vis-à-vis des recettes plus exposées aux variations de la conjoncture économique.

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