Odeurs de poisson fumé, bruissement de l’eau dans les bassins et agitation des exposants depuis hier, l’esplanade du Palais polyvalent des sports de Yaoundé, qui vit au rythme de la deuxième édition du Salon interprofessionnel de l’aquaculture du Cameroun. Bien avant l’ouverture officielle prévue ce mardi, le site affichait déjà l’ambiance des grands rendez-vous économiques.
Depuis hier, l’esplanade du Palais polyvalent des sports de Yaoundé s’est transformée en véritable vitrine de l’aquaculture camerounaise à l’occasion de la deuxième édition du Salon interprofessionnel de l’aquaculture du Cameroun (SIAC). Producteurs, transformateurs et établissements de crédit se sont installés sur le site pour son ouverture officielle ce mardi 2026.
Dès le matin, l’effervescence était palpable, sous les chapiteaux encore en cours d’aménagement, producteurs, transformateurs et partenaires financiers s’affairaient aux derniers réglages. Les visiteurs, eux, n’ont pas attendu la cérémonie d’ouverture pour parcourir les allées du salon. Partout, les regards étaient attirés par les bassins d’exposition où nageaient silures, tilapias et autres espèces élevées localement. À chaque mouvement brusque, l’eau jaillissait parfois hors des bacs, arrachant sourires et éclats de rire aux passants.
De la naissance des poissons jusqu’à leur transformation. Parmi les exposants, Charly Hervé Kongne présente son savoir-faire dans la production artificielle d’alevins. Devant les visiteurs curieux, il explique le fonctionnement de son système de circuit fermé, où des pompes assurent une oxygénation permanente de l’eau afin de garantir les meilleures conditions de croissance aux larves, « Nous travaillons en circuit fermé avec des pompes qui permettent une oxygénation continue du système. Cela favorise un meilleur suivi larvaire. Je produis en moyenne entre 50 000 et 60 000 alevins par cycle », confie-t-il avec fierté.
Ces jeunes poissons constituent le point de départ d’une chaîne de valeur qui se poursuit dans les exploitations piscicoles avant d’aboutir sur les marchés et dans les assiettes. Cette dimension est notamment mise en avant par l’Organisation interprofessionnelle des aquaculteurs du Cameroun, venue de Ngaoundéré avec une délégation d’une dizaine de membres.
Sur leur stand, les visiteurs découvrent une étonnante diversité de produits dérivés du poisson. Des sachets de poudre de poisson côtoient des bouillies enrichies destinées à l’alimentation infantile. Plus loin, des poissons fumés soigneusement présentés diffusent leurs arômes caractéristiques,« Nous proposons des poudres de poisson, des bouillies enrichies au poisson, du poisson fumé de plusieurs variétés, notamment le clarias ou poisson-chat, les carpes, les tilapias, les capitaines et les mâchoirons. Nous présentons également du kilichi à base de poisson », explique Marie Abe, coordonnatrice régionale de l’organisation.
Au fil des stands, le salon raconte l’histoire complète de l’aquaculture camerounaise,
Mais le SIAC ne se limite pas à une simple exposition. Entre les stands, les échanges se
Multiplient. Pisciculteurs, investisseurs et représentants d’établissements de crédit discutent projets, financement et perspectives de développement. L’objectif est clair : favoriser les partenariats et renforcer une filière qui gagne progressivement du terrain dans l’économie nationale.
Pendant plusieurs jours, le salon se positionne ainsi comme une vitrine du dynamisme de l’aquaculture camerounaise. Un secteur en pleine croissance qui nourrit de grandes ambitions : réduire la dépendance aux importations de poisson, renforcer la sécurité alimentaire et créer davantage d’emplois et de richesse pour les communautés locales.
Au cœur de Yaoundé, le SIAC 2026 offre ainsi bien plus qu’une exposition : une immersion dans un univers où innovation, production et transformation se rencontrent pour dessiner l’avenir de l’aquaculture au Cameroun.
Florelle Ngadi Nkoua

Victor Bosco Kelbakal dirige la publication de L’œil Républicain avec la rigueur qu’impose le traitement de l’actualité institutionnelle et sociale. Journaliste d’investigation reconnu pour son analyse factuelle des enjeux publics, il coordonne une ligne éditoriale centrée sur l’éthique et la transparence. Son expertise garantit une information sourcée au service du débat démocratique. Sous son impulsion, le titre s’impose comme une référence majeure de la presse écrite nationale.
















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