Route Maroua–Moutourwa : les travaux entrent dans une phase décisive sur la Nationale N1

Le chantier de réhabilitation de la route Maroua–Moutourwa, dans la région de l’Extrême-Nord, connaît une progression notable. Long de 36 kilomètres, cet axe stratégique de la Route nationale N1 amorce progressivement la phase consacrée aux travaux de chaussée, avec la réalisation récente d’une planche d’essai destinée à tester la couche de fondation avant son déploiement à grande échelle.

Selon les données techniques actualisées au début du mois de mai 2026, le projet affiche un taux d’exécution global estimé à près de 13 %. Une avancée rendue possible grâce à l’intensification des opérations de terrain et à la mobilisation progressive des différents intervenants engagés sur le projet.

L’arrivée effective de la mission de contrôle, assurée par le groupement CIMA International/ECTA BTP, marque également une étape importante dans la conduite des travaux. Cette structure est désormais chargée du suivi technique des prestations réalisées par l’entreprise en charge du chantier.

Sur le terrain, plusieurs activités sont menées simultanément entre les localités de Laf, dans le département du Mayo-Kani, et Maroua, chef-lieu du Diamaré. Les travaux de terrassement évoluent à un rythme soutenu, notamment dans les zones nécessitant un élargissement de la chaussée. Les équipes techniques poursuivent également l’exploitation de la carrière de Tagalai, où les installations de concassage des granulats ainsi que la centrale d’enrobage sont désormais pleinement opérationnelles.

Les ouvrages hydrauliques constituent un autre volet important du projet. Afin de maintenir la circulation pendant les travaux, plusieurs déviations provisoires ont été aménagées. À ce jour, de nombreux anciens ouvrages ont déjà été démolis puis remplacés progressivement par de nouvelles infrastructures adaptées aux exigences techniques actuelles. Des dalots préfabriqués et des structures en béton armé sont également en cours d’installation sur différents tronçons.

La phase expérimentale liée à la couche de fondation représente une avancée technique majeure. Les essais actuellement réalisés portent sur l’utilisation de matériaux recyclés renforcés par des graves non traitées, une méthode visant à améliorer la durabilité de la chaussée tout en optimisant les coûts de construction.

Au-delà des aspects purement techniques, le projet intègre aussi des mesures sociales et environnementales. Une vaste campagne de reboisement a été engagée le long de l’itinéraire avec plusieurs centaines d’arbres déjà plantés aussi bien dans les espaces publics qu’au niveau du site de Laf destiné à l’enrichissement végétal. Parallèlement, les responsables du chantier poursuivent les formalités administratives liées au recrutement du personnel, tandis qu’une campagne de vaccination contre la méningite est menée auprès des travailleurs afin de renforcer la prévention sanitaire sur le site.

Cette infrastructure s’inscrit dans le cadre du Projet d’aménagement territorial et de promotion du secteur privé de l’Extrême-Nord. Financée conjointement par la Banque africaine de développement, l’Union européenne et l’État du Cameroun, l’initiative ambitionne d’améliorer la mobilité des populations, de dynamiser les échanges économiques et de soutenir le développement durable dans cette partie du pays confrontée à d’importants défis infrastructurels.

Ngue Claude Stéphane

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