Un audit interne déclenché mi-avril par le nouveau président de l’Assemblée nationale, Théodore Datouo, a révélé l’existence de 150 agents inexistants inscrits dans les effectifs de l’institution. Une découverte qui relance le débat sur la gestion des ressources publiques au sommet de l’État.
Selon les conclusions de ce contrôle administratif, ces individus ne disposaient ni de poste identifiable, ni de présence physique attestée, encore moins d’affectation officielle. Pourtant, leurs rémunérations étaient régulièrement versées par le Trésor public, révélant une anomalie persistante dans la chaîne de gestion du personnel.
L’analyse de la répartition de ces agents fictifs met en lumière une forte concentration autour de l’ancien président de l’Assemblée nationale, Cavayé Yéguié Djibril. Près des deux tiers des cas recensés étaient en effet rattachés à son cabinet, tandis que les autres relevaient des services du Secrétariat général. Une configuration qui, pour plusieurs observateurs, illustre des pratiques enracinées de favoritisme et de gestion informelle des effectifs.
Arrivé à la tête de l’institution le 17 mars 2026, Théodore Datouo semble vouloir rompre avec ces méthodes. En initiant un comptage physique du personnel, il entend instaurer davantage de rigueur dans l’administration parlementaire. Cette initiative s’inscrit dans la dynamique plus large des opérations de contrôle des effectifs publics, visant à assainir les finances de l’État.
Au-delà de la suppression de ces postes fictifs, la question de la destination des fonds versés reste posée. Car derrière chaque salaire indûment perçu se cache potentiellement un réseau de bénéficiaires non identifiés. Pour l’opinion publique, la simple radiation ne saurait suffire : des investigations judiciaires sont désormais attendues afin d’établir les responsabilités.
Cette affaire, qui secoue les hautes sphères de l’appareil législatif, met en évidence les failles d’un système longtemps critiqué pour son opacité. Elle pourrait également marquer un tournant, si les engagements de transparence et de redevabilité annoncés se traduisent par des actions concrètes et durables.

Victor Bosco Kelbakal dirige la publication de L’œil Républicain avec la rigueur qu’impose le traitement de l’actualité institutionnelle et sociale. Journaliste d’investigation reconnu pour son analyse factuelle des enjeux publics, il coordonne une ligne éditoriale centrée sur l’éthique et la transparence. Son expertise garantit une information sourcée au service du débat démocratique. Sous son impulsion, le titre s’impose comme une référence majeure de la presse écrite nationale.















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