La répétition finit par ressembler à une signature. Après le fiasco retentissant de la retransmission du discours du Pape Léon XIV au Palais présidentiel d’Etoudi, la chaîne nationale récidive avec une prestation calamiteuse lors de la visite papale à Bamenda. Cette fois encore, le spectacle offert par la CRTV relève moins de la difficulté technique que d’une faillite manifeste de compétence et de responsabilité au sommet. Et au cœur de cette débâcle, un nom : Charles Ndongo.
Dans une fuite en avant devenue presque mécanique, le Directeur général avait tenté de justifier le premier raté en pointant du doigt la fibre optique gérée par Camtel. Une accusation aussitôt balayée par l’opérateur, qui a opposé un démenti clair, net et sans bavure, renvoyant la CRTV à ses propres insuffisances. Loin d’en tirer les leçons, la direction de la télévision publique semble avoir persévéré dans l’impréparation, livrant à Bamenda une retransmission indigne : signal instable, coupures à répétition, images absentes… un véritable écran noir pour un événement de portée mondiale.
Il faut appeler les choses par leur nom : c’est une catastrophe. Une humiliation nationale. Comment comprendre qu’une chaîne financée à coups de milliards, bénéficiant en prime de l’appui régulier de la Présidence de la République — sous l’autorité de Paul Biya — soit incapable d’assurer une couverture correcte d’un événement aussi majeur ? L’amateurisme observé ne relève plus de l’erreur ponctuelle mais d’un dysfonctionnement structurel grave.
Ce qui choque davantage encore, c’est l’indécence d’un système où les responsabilités se diluent tandis que les défaillances se répètent. La CRTV dispose de moyens humains, techniques et financiers largement suffisants pour répondre aux standards internationaux. Dès lors, une question s’impose avec acuité : que fait le top management ? Et surtout, que fait encore Charles Ndongo à la tête de cette institution stratégique ?
Le Cameroun n’a pas vocation à devenir la risée du monde à chaque événement d’envergure internationale. Alors que les projecteurs sont braqués sur le pays à l’occasion de la visite du souverain pontife, la CRTV a choisi, une fois de plus, de briller par son incapacité. Cette situation ne peut plus durer. Il est temps de mettre un terme à l’impunité managériale. Les sanctions doivent tomber, et elles doivent commencer au sommet.
Car au-delà des excuses et des faux-fuyants, une évidence s’impose : la CRTV, sous la direction de Charles Ndongo, a failli. Et gravement.

Victor Bosco Kelbakal dirige la publication de L’œil Républicain avec la rigueur qu’impose le traitement de l’actualité institutionnelle et sociale. Journaliste d’investigation reconnu pour son analyse factuelle des enjeux publics, il coordonne une ligne éditoriale centrée sur l’éthique et la transparence. Son expertise garantit une information sourcée au service du débat démocratique. Sous son impulsion, le titre s’impose comme une référence majeure de la presse écrite nationale.













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