ÉDUCATION : UNE RENTRÉE SCOLAIRE DÉCALÉE QUI INTERROGE SUR LES PRIORITÉS DU SYSTÈME ÉDUCATIF

La décision de reporter la rentrée du troisième trimestre au lundi 27 avril 2026 suscite de nombreuses interrogations au sein de la communauté éducative camerounaise. Annoncé par le ministre des Enseignements secondaires, en accord avec le Premier ministre, ce réaménagement du calendrier scolaire fait suite au décalage des finales nationales des Jeux FENASSCO Ligue A, désormais programmées du 19 au 26 avril à Bafoussam et Bangangté.

Si cette mesure se veut organisationnelle, elle n’en demeure pas moins problématique dans son impact sur le déroulement des enseignements. En effet, le troisième trimestre est traditionnellement le plus crucial de l’année académique, notamment pour les élèves en classes d’examen. À quelques semaines seulement des épreuves officielles, chaque jour de cours compte, et toute perturbation du calendrier peut compromettre la préparation des candidats.

Au-delà de la justification officielle liée aux activités sportives scolaires, certains observateurs pointent du doigt une réalité plus large : l’enchaînement d’événements d’envergure, notamment la venue annoncée du pape, qui semble indirectement influencer l’organisation du calendrier national. Une situation que beaucoup jugent difficile à comprendre, dans un contexte où les priorités éducatives devraient primer.

Le ministère a certes invité les établissements à organiser des cours de rattrapage afin de combler le retard. Mais sur le terrain, cette recommandation soulève des doutes. Dans de nombreux établissements publics, les conditions d’apprentissage restent précaires : effectifs pléthoriques, manque d’enseignants, contraintes logistiques… Autant de facteurs qui rendent les rattrapages difficiles, voire inefficaces.

Parents d’élèves et enseignants s’inquiètent ainsi des conséquences de ce report sur le niveau global des apprenants. Certains redoutent une accélération des programmes, souvent au détriment de la compréhension, tandis que d’autres craignent tout simplement que certaines parties du programme ne soient pas couvertes.

Cette nouvelle modification du calendrier relance le débat sur la gestion des priorités nationales. Entre exigences protocolaires, événements sportifs et impératifs académiques, la question reste posée : l’école camerounaise bénéficie-t-elle réellement de l’attention qu’elle mérite ?

Dans un système éducatif déjà confronté à de nombreux défis, ce type de décision apparaît pour beaucoup comme un signal préoccupant. Car au-delà du simple report d’une date, c’est bien la qualité de la formation des élèves qui est en jeu.

Ngue Claude Stéphane

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