Bamenda : Une étape hautement symbolique pour le pape Léon XIV

Le pape Léon XIV a marqué les esprits à Bamenda, épicentre de la crise anglophone, ce jeudi 16 avril. Entre une arrivée sous haute sécurité, une rencontre pour la paix et une messe célébrée à l’aéroport, le souverain pontife a fait de cette étape du Nord-Ouest le moment le plus politique, et sans doute le plus symbolique, de sa visite au Cameroun.

Arrivé à Bamenda en milieu de matinée à bord d’un Boeing 737 de Camair-Co, le pape Léon XIV a entamé la séquence la plus attendue de sa tournée camerounaise. Dans cette ville du Nord-Ouest, marquée depuis 2017 par le conflit entre les forces gouvernementales et des groupes séparatistes, chacun de ses gestes était scruté.

Dès son arrivée à l’aéroport, le chef de l’Église catholique a été accueilli par les autorités administratives, religieuses et traditionnelles locales, dans un dispositif sécuritaire renforcé. La présence du ministre de l’Administration territoriale, Paul Atanga Nji, déjà très visible lors du départ de Yaoundé, s’est prolongée à Bamenda, confirmant son rôle central dans l’encadrement de cette étape sensible. Des milliers de fidèles se sont rassemblés malgré les restrictions de circulation, encadrés par un important déploiement des forces de défense.

Premier temps fort : la rencontre pour la paix avec la communauté de la région anglophone du Nord-Ouest. À la cathédrale Saint-Joseph, le pape a échéangé avec des représentants de la société civile, des chefs traditionnels, des jeunes et des familles de victimes. Son message, direct, a insisté sur la nécessité de privilégier le dialogue pour sortir de la crise et de reconstruire la fraternité au-delà des blessures. Un appel particulièrement adressé aux jeunes, souvent en première ligne dans les tensions locales et les opérations « villes mortes ».

Le moment le plus attendu a eu lieu sur le tarmac de l’aéroport. Devant des milliers de fidèles, prêtres et religieux, le pape a présidé une célébration eucharistique, invitant chacun à être acteur du changement en suivant les enseignements du Seigneur. « C’est le moment de changer, de transformer l’histoire de ce pays. Aujourd’hui et non demain », a-t-il martelé. Dans la même homélie, il a dénoncé, sans les nommer, les ingérences extérieures et les logiques de prédation qui alimentent les conflits sur le continent africain.

Pour les autorités, la venue du pape a constitué un test sécuritaire et diplomatique. Pour les populations, elle a incarné l’espoir d’une parole forte dans un contexte où les armes dominent depuis huit ans.

Entre ferveur populaire, messages sans détour et enjeux politiques, cette journée à Bamenda s’impose déjà comme le moment le plus significatif de son passage au Cameroun. Le pape a rejoint Douala en fin d’après-midi, dernière étape camerounaise avant son départ pour l’Angola prévu le 18 avril.

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