Yaoundé. Le gouvernement camerounais hausse le ton dans sa lutte contre la contrebande des téléphones portables. À travers une correspondance officielle adressée aux responsables de MTN Cameroun et d’Orange Cameroun, le ministre des Finances, Louis Paul Motaze, exige l’application immédiate du dispositif de blocage des appareils importés frauduleusement, sous peine de voir la responsabilité fiscale des opérateurs engagée.
Cette sortie intervient après le constat d’un retard dans l’exécution des mesures arrêtées lors d’une réunion de concertation tenue le 22 mai 2026 entre les opérateurs de télécommunications et la Direction générale des Douanes. Selon le ministère des Finances, les engagements pris à cette occasion n’ont toujours pas été concrètement mis en œuvre.
Au cœur de cette réforme figure l’interdiction d’accès aux réseaux nationaux pour les téléphones introduits sur le territoire sans dédouanement régulier. Cette phase pilote, prévue dans le cadre des dispositions de la loi de finances, vise à réduire les pertes de recettes fiscales liées au commerce illicite des équipements mobiles.
Pour les autorités, la prolifération des téléphones de contrebande constitue non seulement un manque à gagner important pour le Trésor public, mais également un enjeu de sécurité. Le gouvernement estime que l’absence de traçabilité de certains appareils facilite diverses activités illégales et fragilise les mécanismes de contrôle mis en place par l’État.
Dans sa correspondance, le ministre demande aux deux opérateurs d’accélérer sans délai les ajustements techniques nécessaires à l’application du dispositif. Le mécanisme envisagé repose sur le contrôle des codes IMEI, les identifiants uniques attribués à chaque téléphone mobile. Les appareils non enregistrés dans la plateforme officielle de suivi de la réforme pourraient ainsi être automatiquement exclus des réseaux de télécommunications du pays.
L’élément le plus marquant de cette mise en garde réside toutefois dans la menace de sanctions fiscales. Le ministère des Finances considère désormais que tout opérateur autorisant la connexion d’un téléphone non dédouané à son réseau pourrait être tenu pour responsable des droits et taxes non acquittés sur cet appareil.
Cette position traduit la volonté des pouvoirs publics de renforcer la pression sur les acteurs du secteur afin d’assainir le marché des équipements mobiles. En transférant une partie de la responsabilité aux opérateurs, l’État entend accélérer l’application d’une réforme jugée essentielle pour la protection des recettes douanières et la lutte contre les circuits de contrebande.
Le courrier ministériel a également été transmis aux administrations concernées, notamment le ministère des Postes et Télécommunications, l’Agence de Régulation des Télécommunications et CAMTEL. Une manière de signifier que les autorités entendent désormais suivre de près l’exécution de cette mesure et ne plus tolérer de retard dans son déploiement.
Avec cette nouvelle offensive, le gouvernement affiche sa détermination à reprendre le contrôle d’un marché où les importations frauduleuses continuent de représenter un défi majeur pour les finances publiques camerounaises.

Victor Bosco Kelbakal dirige la publication de L’œil Républicain avec la rigueur qu’impose le traitement de l’actualité institutionnelle et sociale. Journaliste d’investigation reconnu pour son analyse factuelle des enjeux publics, il coordonne une ligne éditoriale centrée sur l’éthique et la transparence. Son expertise garantit une information sourcée au service du débat démocratique. Sous son impulsion, le titre s’impose comme une référence majeure de la presse écrite nationale.
















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