À peine installée à la tête du secteur de la distribution de l’énergie électrique, la Société Camerounaise de l’Électricité (SOCADEL) affiche déjà sa détermination à restaurer la discipline financière au sein de son portefeuille clients. Dans cette dynamique, l’entreprise publique a adressé une mise en demeure à Prometal, l’un des principaux groupes industriels du pays, pour le règlement d’une dette dépassant les 10 milliards de FCFA.
Signée le 22 mai 2026 par le Directeur général de la SOCADEL, Oumarou Hamandjoda, la correspondance exige le paiement de 10,47 milliards de FCFA correspondant à des factures d’électricité restées impayées. Cette démarche s’inscrit dans une stratégie plus large de sécurisation des recettes de l’entreprise, au moment où celle-ci prend progressivement ses marques après son entrée en fonction.
Selon les données figurant dans le document transmis au groupe sidérurgique, les arriérés se sont accumulés sur plusieurs mois. Les relevés indiquent notamment une absence de paiement sur certaines périodes récentes, alors que l’activité industrielle demeure fortement dépendante de l’approvisionnement énergétique.
La plus grande partie de la créance concerne les installations alimentées en haute tension, qui représentent à elles seules plus de neuf milliards de FCFA de la dette globale. Une situation qui attire l’attention des observateurs économiques, compte tenu du rôle stratégique occupé par Prometal dans la production de matériaux destinés au secteur du bâtiment et des travaux publics.
Cette affaire relance également les interrogations sur la santé financière de certaines grandes entreprises industrielles. Plusieurs analystes rappellent que le groupe avait obtenu, il y a quelques mois, un important financement bancaire évalué à plusieurs dizaines de milliards de FCFA auprès d’un consortium d’établissements financiers nationaux et internationaux. L’existence d’importants arriérés auprès du fournisseur d’électricité soulève désormais des questions sur l’évolution de sa trésorerie et sur la gestion de ses engagements financiers.
Pour la SOCADEL, l’enjeu dépasse le simple cas d’une entreprise. La nouvelle direction entend manifestement envoyer un signal fort à l’ensemble des abonnés présentant des dettes importantes. Dans un contexte où la viabilité financière du secteur électrique repose en grande partie sur le recouvrement effectif des factures, les responsables de l’entreprise semblent décidés à faire respecter les obligations contractuelles des consommateurs, quels que soient leur taille ou leur poids économique.
La mise en demeure évoque d’ailleurs la possibilité de recourir aux mesures prévues par la réglementation en vigueur en cas de non-paiement. Une perspective qui pourrait avoir des répercussions importantes sur l’activité industrielle si aucune solution n’est trouvée dans les délais requis.
Pour l’heure, Prometal ne s’est pas encore exprimé publiquement sur cette affaire. Mais cette première opération de recouvrement d’envergure menée par la SOCADEL laisse entrevoir une nouvelle approche dans la gestion des créances du secteur électrique camerounais.

Victor Bosco Kelbakal dirige la publication de L’œil Républicain avec la rigueur qu’impose le traitement de l’actualité institutionnelle et sociale. Journaliste d’investigation reconnu pour son analyse factuelle des enjeux publics, il coordonne une ligne éditoriale centrée sur l’éthique et la transparence. Son expertise garantit une information sourcée au service du débat démocratique. Sous son impulsion, le titre s’impose comme une référence majeure de la presse écrite nationale.











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