Le Cameroun vient de franchir une nouvelle étape dans la réorganisation de son système énergétique. Ce mardi 5 mai 2026 à Yaoundé, le ministre de l’Eau et de l’Énergie, Gaston Eloundou Essomba, a officiellement installé les responsables appelés à conduire les destinées de la Société Camerounaise d’Électricité (SOCADEL), nouvelle entité publique créée pour reprendre en main la distribution de l’énergie électrique.
Cette cérémonie, organisée quelques heures seulement après la mise en place des organes de gouvernance de la société, marque le démarrage effectif des activités de la SOCADEL. À travers cette réforme, les pouvoirs publics affichent clairement leur volonté d’engager une transformation profonde d’un secteur confronté depuis plusieurs années aux coupures répétées, aux difficultés financières et aux critiques des consommateurs.
Une équipe bâtie autour de l’expérience
Pour conduire cette nouvelle entreprise stratégique, l’État a misé sur des profils rompus aux enjeux économiques et énergétiques.
À la présidence du Conseil d’administration, Antoine Ntsimi hérite de la mission de piloter l’orientation stratégique de la société. Ancien ministre des Finances et ex-président de la Commission de la CEMAC, il bénéficie d’une longue expérience dans la gestion des politiques publiques et des institutions communautaires. Sa nomination apparaît comme un signal fort en faveur d’une gouvernance axée sur la discipline financière et la crédibilité institutionnelle.
Sur le terrain opérationnel, la direction générale revient à Oumarou Hamandjoda, ingénieur spécialisé dans les infrastructures hydroélectriques et enseignant à l’École nationale supérieure polytechnique de Yaoundé. Fort d’un parcours de plus de deux décennies dans le secteur énergétique, notamment au sein d’ENEO où il a occupé les fonctions de Directeur général adjoint, il devra conduire la mise en œuvre des réformes techniques et opérationnelles attendues.
Le dispositif dirigeant est complété par Basile Ekobena, expert reconnu des questions énergétiques. Son expérience acquise au sein de la SONEL, puis d’AES SONEL et ENEO, lui confère une connaissance approfondie des réalités du marché électrique camerounais, aussi bien sur les plans économique que réglementaire.
À travers ces choix, le gouvernement semble vouloir associer expertise financière, maîtrise technique et expérience du secteur afin de relever les défis liés à l’approvisionnement et à la qualité du service.
Un message de fermeté du gouvernement
Dans son intervention, le ministre de l’Eau et de l’Énergie a tenu un discours particulièrement ferme à l’endroit des nouveaux responsables. Pour Gaston Eloundou Essomba, la création de la SOCADEL ne doit pas être perçue comme une simple mutation administrative, mais comme le point de départ d’un changement structurel attendu par les populations.
Le membre du gouvernement a dressé un constat préoccupant de la situation actuelle du secteur électrique, évoquant les difficultés financières persistantes, les insuffisances dans la qualité de service ainsi que les pertes importantes enregistrées dans le système.
Face à cette réalité, il a appelé les nouveaux dirigeants à agir rapidement et efficacement, insistant sur l’obligation d’obtenir des résultats concrets. Amélioration du recouvrement, lutte contre les fraudes, réduction des pertes techniques et commerciales, renforcement de la transparence dans la gestion : autant de priorités fixées à la nouvelle équipe.
Le ministre a également prévenu qu’aucune tolérance ne serait accordée aux pratiques opaques ou aux lenteurs administratives, dans un contexte où les attentes des usagers restent particulièrement élevées.
Une réforme très attendue
La naissance de la SOCADEL intervient dans un climat marqué par de fortes attentes autour de l’avenir du secteur électrique camerounais. Après plusieurs années de contestations visant la gestion du réseau et la qualité de la fourniture en énergie, les autorités espèrent désormais restaurer la confiance des consommateurs et améliorer durablement les performances du service public de l’électricité.
Avec cette nouvelle équipe dirigeante, le gouvernement ouvre ainsi un chantier majeur dont les résultats seront observés de près, aussi bien par les populations que par les partenaires économiques du pays.
Claude Stéphane Ngue

Victor Bosco Kelbakal dirige la publication de L’œil Républicain avec la rigueur qu’impose le traitement de l’actualité institutionnelle et sociale. Journaliste d’investigation reconnu pour son analyse factuelle des enjeux publics, il coordonne une ligne éditoriale centrée sur l’éthique et la transparence. Son expertise garantit une information sourcée au service du débat démocratique. Sous son impulsion, le titre s’impose comme une référence majeure de la presse écrite nationale.















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