SANCTION DISCIPLINAIRE AU MINISTÈRE DE LA DÉFENSE : UN COLONEL ÉPINGLÉ POUR MAUVAISE GESTION DE FONDS DESTINÉS AUX ANCIENS COMBATTANTS

Une décision ferme, au ton sans équivoque, circule depuis quelques jours dans les milieux militaires. Par un acte signé du ministre délégué à la Présidence chargé de la Défense, Joseph Beti Assomo, un officier supérieur de l’Armée de Terre a été sanctionné pour des faits jugés graves.

Le Colonel Amayene Nestor, en service au sein du Secrétariat d’État à la Défense chargé des Anciens Combattants et Victimes de Guerre (SED/CACVG), écope de 45 jours d’arrêts de rigueur. Cette mesure disciplinaire, parmi les plus lourdes dans la hiérarchie militaire, prend effet de manière rétroactive à partir du 27 mai 2025.

À l’origine de cette sanction, des faits remontant aux célébrations de la Fête nationale du Cameroun en mai 2025. Chargé à l’époque d’assurer l’intérim à la tête de la Division régionale de l’Ouest, l’officier est accusé de ne pas avoir reversé une prime d’alimentation destinée aux anciens combattants et aux victimes de guerre ayant pris part au défilé.

Selon les autorités militaires, ce manquement ne se limite pas à une simple irrégularité administrative. Il s’agit d’un double préjudice : d’une part, une atteinte aux finances publiques, et d’autre part, une faute morale vis-à-vis de bénéficiaires considérés comme particulièrement méritants au regard de leur engagement passé.

La décision s’appuie sur les dispositions de l’article 103 du Règlement de Discipline Générale, qui réprime les comportements qualifiés d’« indélicats » envers des tiers extérieurs aux forces armées. Une qualification qui traduit, en creux, une rupture des exigences d’intégrité et de probité attendues d’un officier.

Dans un contexte marqué par une surveillance accrue de l’utilisation des ressources publiques, notamment celles allouées aux programmes sociaux, cette sanction apparaît comme un signal fort envoyé par la hiérarchie. Elle rappelle que le statut militaire n’exonère en rien des obligations de transparence et de rigueur dans la gestion.

L’exécution de la mesure a été confiée au Chef d’État-Major de l’Armée de Terre, avec effet immédiat. Toutefois, au-delà de la sanction disciplinaire, des interrogations subsistent quant à une éventuelle suite judiciaire. La possibilité d’un renvoi devant une juridiction militaire pour des faits assimilables à un détournement de deniers publics n’est pas écartée.

En attendant toute évolution, le Colonel Amayene Nestor devra purger sa peine dans un quartier disciplinaire, tandis que l’affaire continue d’alimenter les discussions au sein des cercles militaires et au-delà.

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