Le Cameroun est en deuil. Jean-Pierre Biyiti Bi Essam, ancien ministre et diplomate chevronné, est décédé aux premières heures de ce jeudi 23 avril 2026 des suites de maladie, selon des sources concordantes.
Né le 20 juillet 1949 à Mvoula, près d’Ebolowa, il aura marqué de son empreinte aussi bien le paysage médiatique que l’administration publique camerounaise, à travers un parcours riche et diversifié.
Un homme de médias avant tout
Journaliste de formation, diplômé de l’École supérieure de journalisme de Yaoundé (aujourd’hui ESSTIC), Jean-Pierre Biyiti Bi Essam débute sa carrière au quotidien public Cameroon Tribune, où il gravit progressivement les échelons jusqu’à devenir chef de rubrique.
Il rejoint ensuite la CRTV, où il occupe plusieurs fonctions, dont celle de directeur de l’information en 1990. Ce passage dans les médias publics contribuera à asseoir sa réputation de professionnel rigoureux de la communication.
Titulaire de plusieurs diplômes, notamment en lettres modernes, en arts et techniques de l’audiovisuel, en sociologie et en sémiologie, il était également détenteur de doctorats dans ces domaines, témoignant d’un solide bagage intellectuel.
Une ascension dans les sphères administratives et politiques
Après sa carrière dans les médias, il entame un parcours administratif au sein de l’État. Entre 1991 et 1993, il est chargé d’études au ministère de l’Informatique et de la Recherche scientifique, avant de devenir conseiller technique au ministère de l’Enseignement supérieur.
En 1995, il rejoint la présidence de la République comme chargé de mission, puis occupe le poste de secrétaire général au ministère des Postes et Télécommunications. Sa carrière connaît une consécration en 2009, lorsqu’il est nommé ministre des Postes et Télécommunications sous l’autorité du président Paul Biya.
Il restera à ce poste jusqu’en 2015, avant d’être remplacé par Minette Libom Li Likeng. Durant son passage au gouvernement, il s’illustre notamment par sa vision en faveur de la transformation numérique du Cameroun.
Une carrière diplomatique achevée en Israël
Le 31 mai 2018, il est nommé ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire du Cameroun auprès de l’État d’Israël, en vertu d’un décret présidentiel. Il occupera cette fonction pendant près de huit ans, jusqu’à son remplacement en février 2026 par Ndifontah Buma Nyamndi, dans le cadre d’un réaménagement diplomatique.
Une figure marquée par des controverses
Le parcours de Jean-Pierre Biyiti Bi Essam n’a pas été exempt de zones d’ombre. En 2009, alors qu’il occupait des fonctions ministérielles, il avait été cité dans une affaire liée à la gestion de fonds publics destinés à la visite du pape Benoît XVI au Cameroun.
Des soupçons de détournement portant sur environ 770 millions de FCFA avaient été évoqués. Entendu par la Police judiciaire, il avait rejeté toute intention frauduleuse, expliquant avoir voulu sécuriser les fonds. L’affaire n’avait toutefois pas connu d’issue judiciaire officielle.
Vie privée et héritage
Marié et père de trois enfants, Jean-Pierre Biyiti Bi Essam laisse derrière lui l’image d’un homme aux multiples casquettes : journaliste, haut fonctionnaire, ministre et diplomate.
Sa disparition marque la fin d’un parcours dense au service de l’État camerounais, et ouvre une page de réflexion sur l’héritage qu’il laisse dans les domaines de la communication, des télécommunications et de la diplomatie.

Victor Bosco Kelbakal dirige la publication de L’œil Républicain avec la rigueur qu’impose le traitement de l’actualité institutionnelle et sociale. Journaliste d’investigation reconnu pour son analyse factuelle des enjeux publics, il coordonne une ligne éditoriale centrée sur l’éthique et la transparence. Son expertise garantit une information sourcée au service du débat démocratique. Sous son impulsion, le titre s’impose comme une référence majeure de la presse écrite nationale.
















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