Confrontée à une croissance démographique soutenue et à une congestion routière devenue un défi quotidien, la ville de Yaoundé s’apprête à engager une profonde mutation de son système de transport. Les autorités camerounaises, en partenariat avec des experts français, travaillent actuellement à la mise en place d’un ambitieux projet destiné à offrir aux habitants une mobilité plus efficace, plus sûre et mieux adaptée aux besoins d’une capitale en pleine expansion.
Les 15 et 16 juin 2026, une mission technique conjointe réunissant des responsables du Ministère de l’Habitat et du Développement Urbain et des représentants du groupement français Voisin Services – Réunir Services a effectué plusieurs descentes sur le terrain. Cette étape vise à affiner les études préalables à la conclusion d’un partenariat public-privé qui devrait encadrer, sur une période de vingt ans, l’exploitation et le développement d’un nouveau réseau de transport urbain intégré.
L’initiative intervient dans un contexte où Yaoundé enregistre plusieurs millions de déplacements chaque jour sans disposer d’un système de transport collectif structuré capable d’absorber efficacement cette demande. Pour répondre à cette problématique, les pouvoirs publics envisagent la mise en service d’un dispositif multimodal articulé autour d’un Bus à Haut Niveau de Service (BHNS), complété par des lignes urbaines, des dessertes de proximité et des liaisons interurbaines destinées à fluidifier les déplacements entre les différents pôles de la capitale et sa périphérie.
La mission technique a permis d’évaluer plusieurs infrastructures stratégiques appelées à jouer un rôle central dans ce futur réseau. Les experts ont notamment visité les gares routières en cours d’aménagement à Mvan et à Elig-Effa, deux infrastructures destinées à renforcer l’organisation des flux de transport dans la ville. D’autres sites ont également été inspectés, parmi lesquels des espaces dédiés à la maintenance des équipements et à la gestion logistique du futur système.
L’un des points majeurs du projet concerne la création d’une première ligne pilote de Bus à Haut Niveau de Service reliant Ahala à Olembé. Long de près de 24 kilomètres, cet axe servira de modèle pour le déploiement progressif du réseau. L’objectif est d’offrir un mode de transport rapide, régulier et capable de réduire considérablement les temps de trajet dans les zones les plus fréquentées de la capitale.
Au-delà des infrastructures, le projet accorde une place importante au développement des compétences locales. Les partenaires prévoient un vaste programme de formation destiné aux techniciens et opérateurs camerounais. Maintenance des véhicules, gestion des systèmes embarqués et exploitation des réseaux de transport figurent parmi les domaines dans lesquels un transfert de savoir-faire sera assuré afin de garantir la pérennité du dispositif.
Cette initiative s’inscrit dans le cadre du Plan de Mobilité Urbaine Soutenable de Yaoundé, qui ambitionne de repenser les déplacements urbains à travers des solutions respectueuses de l’environnement. Le projet prévoit notamment l’aménagement de corridors verts, la promotion des mobilités douces telles que la marche, ainsi que l’amélioration de l’intégration du transport informel dans une organisation plus cohérente de la circulation urbaine.
Pour les autorités, les retombées attendues dépassent largement la seule question du transport. La modernisation du réseau devrait contribuer à réduire les embouteillages, améliorer la qualité de l’air, faciliter l’accès aux services et aux emplois, tout en renforçant l’attractivité économique de la capitale. En créant les conditions d’une mobilité plus fluide et plus inclusive, Yaoundé entend ainsi se positionner parmi les métropoles africaines engagées dans une transformation durable de leur cadre de vie.
Les prochaines étapes porteront sur la finalisation des études techniques et financières, préalable indispensable au lancement effectif du partenariat public-privé. Si le calendrier est respecté, la capitale camerounaise pourrait bientôt entrer dans une nouvelle phase de son développement urbain, où le transport collectif deviendrait un véritable moteur de modernisation et de compétitivité.

Victor Bosco Kelbakal dirige la publication de L’œil Républicain avec la rigueur qu’impose le traitement de l’actualité institutionnelle et sociale. Journaliste d’investigation reconnu pour son analyse factuelle des enjeux publics, il coordonne une ligne éditoriale centrée sur l’éthique et la transparence. Son expertise garantit une information sourcée au service du débat démocratique. Sous son impulsion, le titre s’impose comme une référence majeure de la presse écrite nationale.
















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