Énergie : Le Cameroun accélère sa marche vers l’accès universel à l’électricité pour tous

Le Cameroun poursuit sa transformation énergétique avec l’ambition de rendre l’électricité accessible au plus grand nombre. Cette dynamique a reçu un nouvel encouragement de la Banque mondiale à l’occasion de la visite effectuée le 7 septembre 2026 par Harold Tavares, administrateur du groupe Afrique II de l’institution financière internationale. Entre la découverte des installations du barrage hydroélectrique de Nachtigal et les échanges avec le ministre de l’Eau et de l’Énergie, Gaston Eloundou Essomba, cette mission a permis de mettre en lumière les avancées réalisées ainsi que les défis qui restent à relever.

Au cœur de cette visite figurait l’aménagement hydroélectrique de Nachtigal, considéré comme l’un des projets énergétiques les plus structurants du pays. Avec une capacité installée de 420 mégawatts, l’ouvrage représente désormais une composante essentielle du système électrique national. Chaque année, plusieurs milliards de kilowattheures sont injectés dans le Réseau interconnecté Sud, contribuant significativement à l’alimentation des grandes zones de consommation du pays.

Pour le représentant de la Banque mondiale, les performances techniques de l’infrastructure témoignent des progrès accomplis par le Cameroun dans le renforcement de son offre énergétique. Au-delà des chiffres, il a également souligné l’impact du projet sur le développement du capital humain national. La forte présence de travailleurs camerounais au sein des équipes d’exploitation illustre, selon lui, la capacité du pays à développer une expertise locale dans un secteur hautement stratégique.

Mais si la production d’énergie progresse, les autorités savent que le véritable enjeu réside désormais dans la capacité à acheminer cette électricité jusqu’aux populations. C’est précisément l’un des principaux sujets abordés lors de l’audience accordée à Harold Tavares par le ministre Gaston Eloundou Essomba. Les discussions ont porté sur les investissements nécessaires pour moderniser les infrastructures de transport et de distribution, réduire les pertes techniques et améliorer la qualité du service fourni aux usagers.

Dans de nombreuses localités, notamment en zones rurales, l’absence ou l’insuffisance des réseaux demeure un frein au développement économique et social. Les nouvelles capacités de production ne pourront pleinement jouer leur rôle que si elles s’accompagnent d’un maillage plus dense du territoire en infrastructures électriques. Cette réalité place les réseaux au centre des préoccupations gouvernementales pour les prochaines années.

L’objectif affiché est particulièrement ambitieux. Les autorités camerounaises souhaitent permettre à environ huit millions de personnes supplémentaires d’accéder à l’électricité d’ici à 2030. Cette orientation s’inscrit dans le cadre du Compact énergétique national et rejoint les ambitions de « Mission 300 », programme soutenu par la Banque mondiale et la Banque africaine de développement visant à offrir l’électricité à 300 millions d’Africains supplémentaires à l’horizon 2030.

Selon les données évoquées lors des échanges, le Cameroun a déjà enregistré des avancées significatives. Plus d’un million et demi de personnes auraient bénéficié d’un accès à l’électricité au cours des douze derniers mois. Le taux national d’électrification se situerait désormais entre 63 et 65 %, une progression qui rapproche progressivement le pays de son objectif d’accès universel.

Pour atteindre cette cible, les pouvoirs publics misent sur une stratégie diversifiée. L’extension des réseaux conventionnels sera accompagnée du développement de solutions alternatives adaptées aux réalités des zones éloignées. Les mini-réseaux, les systèmes solaires décentralisés et d’autres technologies innovantes devraient ainsi jouer un rôle déterminant dans la réduction des inégalités d’accès à l’énergie entre les centres urbains et les territoires enclavés.

Cette approche traduit une évolution de la politique énergétique nationale. Il ne s’agit plus seulement de produire davantage d’électricité, mais de garantir que cette énergie soit disponible, fiable et accessible à tous les citoyens, quel que soit leur lieu de résidence.

À travers Nachtigal, le Cameroun dispose désormais d’un levier majeur pour renforcer sa sécurité énergétique. Toutefois, le succès de cette transformation dépendra de la capacité à prolonger les efforts engagés dans les infrastructures de transport, la distribution et les raccordements. C’est à cette condition que l’électricité pourra pleinement soutenir l’industrialisation du pays, améliorer les services publics et contribuer durablement à l’élévation des conditions de vie des populations.

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