Le Nord-Ouest a marqué, le 1er septembre 2026, la 24e édition de la Journée africaine de la médecine traditionnelle à travers une rencontre réunissant les principaux acteurs du secteur autour d’une même préoccupation : renforcer la crédibilité, l’encadrement et l’intégration de la médecine traditionnelle dans le système de santé.
Organisée à l’initiative des praticiens de médecine traditionnelle de la région, avec l’appui de la Délégation régionale de la Santé publique, cette célébration a rassemblé une quarantaine de participants, parmi lesquels des tradipraticiens, des herboristes, des spécialistes de la pharmacopée traditionnelle ainsi que des représentants des administrations concernées.
Au-delà de son caractère commémoratif, l’événement a constitué une plateforme de réflexion sur les défis auxquels fait face la médecine traditionnelle dans un contexte où de nombreux citoyens continuent de recourir à ces pratiques pour leurs besoins de santé. Les échanges ont notamment porté sur les exigences éthiques qui encadrent l’exercice de cette activité, le cadre juridique en vigueur au Cameroun ainsi que les perspectives d’une meilleure collaboration entre les acteurs traditionnels et les structures sanitaires conventionnelles.
Un acteur incontournable du système de santé
Dans de nombreuses localités du Nord-Ouest comme ailleurs au Cameroun, les tradipraticiens demeurent souvent les premiers interlocuteurs des populations lorsqu’un problème de santé survient. Leur proximité avec les communautés, leur connaissance des réalités locales et l’accessibilité de leurs services expliquent la place importante qu’ils occupent dans le paysage sanitaire.
Toutefois, les autorités sanitaires ont rappelé que cette responsabilité s’accompagne d’obligations. Les praticiens ont été invités à orienter sans délai les patients vers les formations hospitalières lorsque les cas présentés dépassent leur domaine de compétence ou nécessitent une prise en charge spécialisée. Une démarche jugée essentielle pour éviter les complications liées à des traitements inadaptés ou à une prise en charge tardive.
La question de la validation scientifique au cœur des débats
L’un des principaux messages portés lors de cette célébration concerne la nécessité d’appuyer les savoirs traditionnels par des preuves scientifiques. Les responsables de la santé publique ont insisté sur l’importance de soumettre les produits issus de la pharmacopée traditionnelle à des évaluations rigoureuses avant de leur attribuer des propriétés thérapeutiques.
Cette exigence vise à garantir la sécurité des consommateurs tout en offrant aux produits traditionnels des perspectives de reconnaissance plus larges. Pour les autorités, la valorisation du patrimoine médicinal africain ne peut se faire durablement qu’à travers des recherches capables de démontrer l’efficacité et l’innocuité des remèdes proposés.
Une collaboration intersectorielle encouragée
Les participants ont également souligné l’importance d’un partenariat renforcé entre les tradipraticiens et plusieurs administrations publiques. Les ministères en charge de la Santé publique, de la Recherche scientifique et de l’Innovation ainsi que des Arts et de la Culture ont été identifiés comme des acteurs clés dans la structuration du secteur.
Une telle synergie pourrait favoriser la documentation des connaissances ancestrales, l’amélioration de la qualité des produits commercialisés et la promotion d’une médecine traditionnelle davantage intégrée aux politiques nationales de santé.
Lutter contre les dérives et la désinformation
Autre sujet de préoccupation : la prolifération de vendeurs informels proposant divers produits de santé sans contrôle adéquat. Les autorités ont invité les praticiens reconnus à jouer un rôle actif dans la sensibilisation et la surveillance du marché afin de limiter la diffusion d’informations médicales erronées et la commercialisation de produits dont l’origine ou l’efficacité ne sont pas vérifiées.
Cette vigilance apparaît d’autant plus nécessaire que les produits de médecine traditionnelle sont fréquemment proposés dans les lieux publics, les marchés ou encore à bord des transports en commun, exposant les populations à des risques potentiels.
Une reconnaissance des acteurs du secteur
La cérémonie a également été marquée par la remise d’attestations à plusieurs praticiens, en reconnaissance de leur engagement dans la promotion de la médecine traditionnelle. Une exposition de produits issus de la pharmacopée locale a permis aux participants de découvrir la diversité des ressources médicinales disponibles dans la région.
À travers cette 24e Journée africaine de la médecine traditionnelle, les acteurs du Nord-Ouest ont ainsi réaffirmé leur volonté de préserver un héritage thérapeutique ancestral tout en l’inscrivant dans une démarche moderne fondée sur l’éthique, la réglementation et la validation scientifique. Un équilibre que les autorités considèrent désormais comme indispensable pour renforcer la confiance du public et contribuer efficacement à l’amélioration de la santé des populations.

Une plume journalistique agréable à lire qui rend compte de la manière la plus fidèle et honnête des évènements quotidiens.
















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