Mangroves du Sud-Ouest : les acteurs locaux unissent leurs forces pour anticiper les catastrophes climatiques

Limbé – Face à la multiplication des menaces liées aux changements climatiques et à la dégradation des écosystèmes côtiers, les autorités camerounaises renforcent leur dispositif de prévention dans la région du Sud-Ouest. Réunis à Limbé dans le cadre d’un atelier multi-acteurs, responsables administratifs, élus locaux, experts environnementaux et représentants de la société civile ont engagé une réflexion commune autour de la réduction des risques de catastrophe et de la préservation des mangroves.

Pendant deux jours, les échanges ont porté sur les mécanismes susceptibles d’améliorer la résilience des populations vivant dans les communes de Limbé I, Limbé II, Limbé III et Tiko, particulièrement exposées aux effets des aléas climatiques. La rencontre, coordonnée par le Ministère de l’Environnement, de la Protection de la Nature et du Développement Durable (MINEPDED), a également mis l’accent sur la nécessité de renforcer les systèmes d’alerte précoce afin de mieux prévenir les conséquences des inondations, des tempêtes côtières et d’autres phénomènes naturels extrêmes.

Dans son intervention, le représentant du MINEPDED a rappelé que la prévention demeure l’un des leviers les plus efficaces pour limiter les pertes humaines, économiques et environnementales. À cet effet, les participants ont procédé à une évaluation des dispositifs existants, tout en identifiant les insuffisances qui freinent encore la gestion efficace des risques dans les zones côtières.

Les travaux ont permis de dégager plusieurs pistes d’action, notamment le renforcement de la collaboration entre administrations publiques, collectivités territoriales décentralisées, organisations communautaires et secteur privé. Les discussions ont également porté sur l’intégration des solutions fondées sur la nature dans les stratégies locales de prévention des catastrophes.

Au-delà de la question des risques climatiques, les acteurs présents se sont penchés sur la problématique croissante de la pollution par les plastiques rigides dans les écosystèmes de mangroves. Ces déchets constituent une menace importante pour la biodiversité et compromettent les fonctions écologiques de ces milieux naturels particulièrement sensibles.

Véritables remparts naturels contre l’érosion côtière, les mangroves jouent un rôle essentiel dans la protection des populations riveraines. Elles contribuent également à la préservation de nombreuses espèces animales et végétales, au stockage du carbone et au maintien des activités de pêche dont dépendent de nombreuses familles.

À l’issue des travaux, les participants ont formulé plusieurs recommandations visant à améliorer la préparation des communautés face aux catastrophes naturelles et à renforcer les initiatives de conservation des mangroves. L’objectif est de bâtir un cadre de coopération durable capable de concilier protection de l’environnement, sécurité des populations et développement local.

Cette initiative s’inscrit dans le programme « Together for People and Planet (ToPP) », soutenu financièrement par la coopération suédoise à travers l’ASDI et mis en œuvre avec l’appui du WWF au bénéfice de l’Association des Jeunes pour l’Environnement et la Santé (AJESH).

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