Recrutement de 1 000 enseignants : les diplômés des ENS et ENSET interpellent la présidence sur les critères retenus

L’opération spéciale de recrutement de 1 000 enseignants annoncée par les pouvoirs publics suscite de vives réactions au sein de la communauté des lauréats auditeurs libres des Écoles normales supérieures (ENS) et des Écoles normales supérieures d’enseignement technique (ENSET). Alors que cette mesure était attendue comme une réponse aux difficultés d’insertion professionnelle de nombreux diplômés, plusieurs bénéficiaires potentiels dénoncent aujourd’hui des critères qu’ils jugent discriminatoires et éloignés des engagements initiaux.

Dans une correspondance adressée au président de la République le 10 juin dernier, le Collectif des Lauréats Auditeurs Libres des ENS et ENSET exprime son mécontentement après la publication des arrêtés du ministère de la Fonction publique et de la Réforme administrative portant ouverture des concours directs de recrutement. Les signataires estiment que les modalités d’application de cette mesure exceptionnelle ne permettent pas de répondre de manière équitable aux attentes des diplômés concernés.

Au centre des critiques figure la répartition des postes disponibles. Le collectif reproche aux autorités d’avoir concentré les recrutements dans certaines zones du pays considérées comme prioritaires sur le plan éducatif. Une orientation qui, selon les plaignants, laisse de côté plusieurs régions confrontées elles aussi à un manque d’enseignants qualifiés. Ils craignent que cette approche ne crée des frustrations et accentue les disparités déjà observées dans le secteur de l’éducation.

Les diplômés dénoncent également la restriction des recrutements à un nombre limité de spécialités. D’après eux, de nombreuses filières formées dans les ENS et les ENSET n’ont pas été prises en compte dans cette opération, réduisant ainsi les chances d’intégration de plusieurs centaines de candidats. Les disciplines relevant des sciences humaines, de certaines spécialités techniques ou encore de l’orientation scolaire figureraient parmi les grandes absentes du processus.

Autre sujet de contestation : la limite d’âge fixée à 34 ans. Le collectif considère cette disposition comme particulièrement pénalisante pour de nombreux diplômés ayant vu leurs perspectives d’intégration retardées par l’absence de concours durant plusieurs années. Selon les responsables du mouvement, plusieurs candidats se retrouvent aujourd’hui exclus malgré leurs qualifications, en raison d’un contexte administratif qu’ils n’ont pas maîtrisé.

Pour appuyer leurs revendications, les lauréats mettent en avant le déficit persistant en personnel enseignant dans les établissements scolaires du pays. Ils soulignent notamment les départs à la retraite, les abandons de poste ainsi que les mouvements migratoires ayant affecté le corps enseignant ces dernières années. À leurs yeux, ces réalités justifieraient une politique de recrutement plus large et plus inclusive.

Face à cette situation, le collectif sollicite l’intervention du chef de l’État afin qu’une révision des textes encadrant l’opération soit envisagée. Les diplômés plaident pour un assouplissement des conditions de participation, une meilleure représentativité des filières et des régions, ainsi que l’ouverture d’un dialogue avec les administrations concernées. Une requête qui relance le débat sur les mécanismes d’intégration des jeunes enseignants dans la Fonction publique et sur les réponses à apporter à la pénurie de personnel éducatif au Cameroun.

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