Lutte contre la drépanocytose : un an après, le Cameroun évalue les avancées de sa stratégie nationale

Un an après l’adoption de la stratégie nationale de lutte contre la drépanocytose (2025- 2030), les principaux acteurs du secteur se sont réunis pour faire le point sur les progrès réalisés et les défis persistants dimanche le 19 juin 2026. Experts de la santé, représentants des ministères en charge de l’Éducation, des Affaires sociales et de la Jeunesse, ainsi que des organisations de la société civile, ont pris part à cette rencontre d’évaluation.

Lancée avec l’ambition de réduire de 25 % l’impact de la drépanocytose au Cameroun d’ici 2030, cette stratégie repose sur plusieurs axes, notamment la prévention, le dépistage précoce et l’amélioration de la prise en charge des patients.

Selon les premières analyses, des avancées notables ont été enregistrées. Avec l’appui d’associations spécialisées, en particulier le Groupe d’Étude de la Drépanocytose du Cameroun (GEDREPACAM), des campagnes de sensibilisation ont été intensifiées à travers le pays. Ces actions ont contribué à améliorer la connaissance de la maladie auprès des populations et à encourager le dépistage volontaire. Dans le même temps, une vingtaine de formations sanitaires ont été dotées de points de prise en charge dédiés aux personnes atteintes de drépanocytose, marquant une étape importante dans l’amélioration de l’accès aux soins. Malgré ces progrès, la drépanocytose demeure un enjeu majeur de santé publique. Inscrite depuis 2009 parmi les priorités de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) pour la région Afrique, elle occupe le quatrième rang des priorités sanitaires mondiales, après le cancer, le VIH/Sida et le paludisme.

La célébration de la Journée mondiale de la drépanocytose, le 19 juin, offre chaque année l’occasion de rappeler l’ampleur de cette maladie génétique encore largement méconnue. À l’échelle mondiale, près de 50 millions de personnes en sont atteintes, avec une forte prévalence en Afrique subsaharienne, où elle constitue la première maladie génétique.

Au Cameroun, des milliers d’enfants naissent chaque année avec cette affection. Cependant, l’absence de dépistage systématique à la naissance entraîne souvent des diagnostics tardifs, compliquant la prise en charge. Maladie héréditaire du sang, la drépanocytose se caractérise par une anomalie de l’hémoglobine. Les globules rouges prennent alors une forme de faucille, perturbant la circulation sanguine et provoquant des complications telles que l’anémie chronique, des crises douloureuses intenses et une vulnérabilité accrue aux infections.

Face à ces défis, les experts recommandent un renforcement des politiques de prévention, l’intégration du dépistage dans les programmes de santé maternelle et infantile, ainsi qu’un meilleur accompagnement social des patients. Si les premiers résultats de la stratégie nationale sont encourageants, les acteurs s’accordent à dire que des efforts supplémentaires sont nécessaires pour réduire durablement l’impact de cette maladie au Cameroun.

Florelle Ngadi Nkoua

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