La société publique en charge de la distribution de l’eau potable engage une vaste réforme de la gestion des compteurs divisionnaires. Objectif : élargir sa base clientèle, améliorer la qualité du service et accélérer le programme national de raccordement des ménages.
La Cameroon Water Utilities Corporation (CAMWATER) entend franchir une nouvelle étape dans sa stratégie de modernisation du service public de l’eau. Réunis le 18 juin 2026 à Mbankomo dans le cadre d’un atelier commercial et marketing, les responsables de l’entreprise ont examiné les mécanismes devant permettre l’intégration de milliers de consommateurs encore alimentés à travers des compteurs divisionnaires au sein du portefeuille officiel des abonnés.
Cette démarche s’inscrit dans le cadre du vaste programme gouvernemental visant la réalisation d’un million de branchements sur une période de cinq ans. Pour la direction générale de la CAMWATER, conduite par le Dr Blaise Moussa, l’enjeu consiste désormais à établir une relation contractuelle directe avec des ménages qui, bien que consommateurs réguliers d’eau potable, demeurent en marge du système formel de facturation et de gestion clientèle.
Mettre fin aux limites du modèle collectif
Pendant plusieurs années, les branchements collectifs ont constitué une réponse aux contraintes d’accès à l’eau dans les zones urbaines. Mais avec l’augmentation de la production et la croissance démographique dans les grandes villes, ce modèle montre aujourd’hui ses limites.
Dans de nombreuses concessions et mini-cités, les occupants dépendent d’un compteur principal généralement géré par un propriétaire ou un intermédiaire. Cette configuration est souvent source de tensions liées à la répartition des charges de consommation et complique le suivi des abonnements.
Pour la CAMWATER, cette situation réduit également la visibilité sur le nombre réel d’usagers desservis, tout en favorisant des pertes commerciales, des risques de fraude et des difficultés de recouvrement.
Une réforme aux multiples enjeux
Au-delà de la simple régularisation administrative, le projet poursuit plusieurs objectifs stratégiques. Il vise notamment à garantir à chaque ménage une meilleure maîtrise de sa consommation, à renforcer les performances commerciales de l’entreprise et à adapter le cadre contractuel aux exigences réglementaires en vigueur.
La réforme prévoit également un important volet numérique. Un système de traçabilité des abonnés devra être mis en place afin de mieux identifier les consommateurs et sécuriser les relations entre propriétaires, locataires et distributeur d’eau. Cette digitalisation devrait notamment faciliter le suivi des dossiers d’abonnement et limiter les situations d’impayés récurrents.
L’entreprise souhaite par ailleurs anticiper les transformations urbaines observées dans les grandes agglomérations camerounaises, où la multiplication des immeubles et des ensembles résidentiels rend de plus en plus complexe la gestion des abonnements collectifs.
Un impact financier attendu
Selon les projections présentées lors des travaux, près de 52 000 consommateurs pourraient être convertis en abonnés directs dans le cadre de cette opération. La CAMWATER estime que cette régularisation pourrait générer plus de 3,2 milliards de FCFA de recettes additionnelles, auxquels s’ajouteraient des revenus mensuels liés à la location des compteurs.
Les villes de Douala et Yaoundé serviront de terrain d’expérimentation pour cette phase pilote, dont le démarrage opérationnel est annoncé pour le 1er juillet 2026.
Des outils attendus pour accélérer le déploiement
Les participants à l’atelier ont reçu pour mission de finaliser plusieurs instruments destinés à encadrer la mise en œuvre du projet. Parmi les documents attendus figurent une procédure harmonisée de contractualisation, un protocole-type destiné aux bailleurs ainsi qu’un plan d’action détaillé pour les sites pilotes.
À travers cette initiative, la CAMWATER ambitionne non seulement d’accroître le nombre de ses abonnés, mais aussi de renforcer la qualité de son service et la transparence dans la gestion de l’eau potable. Une réforme qui pourrait marquer un tournant dans la relation entre l’entreprise publique et les consommateurs camerounais.

Victor Bosco Kelbakal dirige la publication de L’œil Républicain avec la rigueur qu’impose le traitement de l’actualité institutionnelle et sociale. Journaliste d’investigation reconnu pour son analyse factuelle des enjeux publics, il coordonne une ligne éditoriale centrée sur l’éthique et la transparence. Son expertise garantit une information sourcée au service du débat démocratique. Sous son impulsion, le titre s’impose comme une référence majeure de la presse écrite nationale.
















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