La modernisation du secteur de l’électricité au Cameroun ne se limite plus à l’amélioration des infrastructures ou à l’augmentation de l’offre énergétique. Elle intègre désormais des exigences de durabilité, d’inclusion sociale et de protection de l’environnement. C’est dans cette perspective que le Programme de Réformes du Secteur de l’Électricité au Cameroun (PRSEC) a lancé, le 17 juin 2026 à Yaoundé, un atelier de vulgarisation du Système de Gestion Environnementale et Sociale (SGES), destiné à renforcer les capacités des principaux acteurs impliqués dans la mise en œuvre des réformes énergétiques.
Pendant trois jours, experts, responsables administratifs, représentants des entreprises du secteur de l’électricité, spécialistes des questions environnementales et partenaires techniques se retrouvent autour d’un même objectif : s’assurer que les projets et programmes de développement énergétique respectent les principes de responsabilité environnementale et de protection des populations.
Intégrer le développement durable au cœur des réformes énergétiques
Face à la croissance démographique, à l’urbanisation rapide et à l’augmentation constante des besoins en énergie, le Cameroun s’est engagé depuis plusieurs années dans un vaste processus de transformation de son secteur électrique. Ces réformes visent notamment à améliorer l’accès à l’électricité, renforcer la qualité du service et accroître les capacités de production et de distribution.
Toutefois, la réalisation de ces ambitions soulève également des défis environnementaux et sociaux importants. Construction de lignes électriques, aménagement d’infrastructures énergétiques, occupation des espaces, gestion des communautés riveraines ou encore protection des ressources naturelles figurent parmi les enjeux qui nécessitent un encadrement rigoureux.
C’est dans ce contexte que le Système de Gestion Environnementale et Sociale a été conçu comme un instrument de gouvernance destiné à anticiper et à maîtriser les risques susceptibles d’accompagner les projets mis en œuvre dans le cadre du PRSEC.
Un outil stratégique pour prévenir les risques
À l’ouverture des travaux, le Coordonnateur du Programme, Serge Ihongolock Elong, a insisté sur le fait que la réussite des réformes du secteur de l’électricité dépend désormais autant de leur efficacité technique que de leur acceptabilité sociale et environnementale.
Le SGES constitue ainsi un cadre méthodologique permettant d’identifier en amont les impacts potentiels des activités du programme et de définir les mesures nécessaires pour les atténuer. Élaboré à la suite de l’Évaluation des Systèmes Environnementaux et Sociaux réalisée en 2023, ce dispositif répond aux standards internationaux de gestion des risques appliqués dans les grands programmes de développement.
Concrètement, le système prévoit des procédures précises pour l’analyse des risques environnementaux, la gestion des questions sociales, la protection des travailleurs, la prise en compte des populations vulnérables ainsi que le traitement des plaintes pouvant survenir au cours de l’exécution des projets.
L’approche vise à faire de la prévention un réflexe systématique afin d’éviter que les projets énergétiques ne génèrent des conséquences négatives sur les communautés ou sur l’environnement.
Une attention particulière portée aux questions sociales
L’un des aspects majeurs du dispositif présenté à Yaoundé concerne le renforcement de la dimension sociale dans la conduite des projets publics.
Les participants sont appelés à approfondir leurs connaissances sur plusieurs thématiques devenues incontournables dans les programmes de développement modernes. Il s’agit notamment des mécanismes de gestion des réclamations, de la prévention des violences basées sur le genre, de la protection des personnes vulnérables ainsi que de la santé et de la sécurité sur les lieux de travail.
Ces problématiques occupent aujourd’hui une place centrale dans les exigences des partenaires techniques et financiers internationaux. Elles répondent également à la nécessité de garantir que les bénéfices des projets énergétiques profitent équitablement à l’ensemble des populations concernées.
Le mécanisme de gestion des plaintes, par exemple, doit permettre aux citoyens, aux travailleurs ou aux communautés affectées de signaler d’éventuelles préoccupations et d’obtenir des réponses adaptées dans des délais raisonnables. Une telle démarche contribue à renforcer la transparence et la confiance entre les différents acteurs.
Renforcer les compétences pour une meilleure mise en œuvre
Au-delà de la présentation des outils et procédures, l’atelier se veut avant tout un cadre d’apprentissage et de partage d’expériences. Les participants prendront part à des exposés techniques, à des analyses de cas pratiques et à des discussions destinées à faciliter l’appropriation du système.
L’objectif recherché est de permettre à chaque institution concernée de maîtriser les mécanismes du SGES et de les appliquer efficacement dans ses activités quotidiennes. Cette harmonisation des pratiques apparaît comme une condition essentielle pour assurer une mise en œuvre cohérente des réformes sur l’ensemble du territoire national.
Les organisateurs espèrent ainsi créer une culture commune de gestion environnementale et sociale au sein du secteur de l’électricité, afin que les principes de durabilité soient intégrés à toutes les étapes des projets, depuis leur conception jusqu’à leur évaluation.
Un partenariat international au service de la transformation du secteur
La mise en place du SGES bénéficie de l’appui de plusieurs partenaires engagés dans l’accompagnement des réformes énergétiques au Cameroun. Parmi eux figure la Banque mondiale, qui soutient le PRSEC dans le cadre de ses interventions en faveur du développement des infrastructures et de l’amélioration des services publics.
Le Groupement IDEA Consult International/STUDI Cameroun a également contribué à l’élaboration de cet outil stratégique, en apportant son expertise dans les domaines de l’évaluation environnementale et de la gestion des risques.
Pour les responsables du programme, cette collaboration illustre l’importance d’une approche concertée réunissant institutions publiques, partenaires techniques et experts spécialisés autour d’une même ambition : construire un secteur électrique plus performant, mais également plus responsable.
Vers des réformes plus inclusives et durables
À travers cet atelier, le PRSEC entend démontrer que les réformes du secteur énergétique ne peuvent plus être envisagées sous le seul angle des performances techniques ou financières. La protection de l’environnement, le respect des droits des populations et la prise en compte des enjeux sociaux apparaissent désormais comme des composantes essentielles de tout projet de développement.
En renforçant les capacités des acteurs impliqués dans la chaîne de décision et de mise en œuvre, le Cameroun franchit une nouvelle étape vers une gouvernance plus moderne et plus durable de son secteur électrique. Une orientation qui pourrait contribuer à améliorer l’efficacité des investissements tout en garantissant des retombées positives et durables pour les populations et les générations futures.

Victor Bosco Kelbakal dirige la publication de L’œil Républicain avec la rigueur qu’impose le traitement de l’actualité institutionnelle et sociale. Journaliste d’investigation reconnu pour son analyse factuelle des enjeux publics, il coordonne une ligne éditoriale centrée sur l’éthique et la transparence. Son expertise garantit une information sourcée au service du débat démocratique. Sous son impulsion, le titre s’impose comme une référence majeure de la presse écrite nationale.














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