Grand-Zambi : le défi énergétique au cœur de l’essor minier du Sud-Cameroun

L’ambition du Cameroun de développer une véritable industrie minière passe inévitablement par un accès sécurisé à l’énergie. C’est dans cette perspective que le ministre de l’Eau et de l’Énergie, Gaston Eloundou Essomba, s’est rendu ce jeudi 20 août 2026 sur le site minier de Grand-Zambi, dans l’arrondissement de Bipindi, région du Sud. Cette visite de terrain avait pour principal objectif d’évaluer les besoins énergétiques des différents projets miniers en cours de développement dans cette partie du pays et d’identifier les solutions susceptibles d’accompagner leur montée en puissance.

Au-delà d’une simple mission d’inspection, le déplacement du membre du gouvernement met en lumière l’un des principaux défis auxquels fait face le secteur minier camerounais : la disponibilité d’une énergie abondante, stable et compétitive pour soutenir les investissements industriels.

Des besoins énergétiques considérables

Les projets miniers de Fifinda, Boron et Grand-Zambi figurent parmi les initiatives les plus stratégiques actuellement en préparation dans le Sud-Cameroun. Leur mise en exploitation nécessitera à elle seule une puissance électrique globale estimée à 200 mégawatts.

Selon les projections présentées lors de la visite, le projet de Fifinda devrait mobiliser près de la moitié de cette demande avec un besoin évalué à 100 MW. Les projets de Boron et de Grand-Zambi nécessiteront chacun environ 50 MW pour assurer le fonctionnement de leurs installations industrielles et de transformation.

Ces chiffres illustrent l’ampleur des investissements énergétiques à consentir afin de permettre l’exploitation optimale des ressources minières nationales. Ils témoignent également de l’évolution du secteur minier camerounais vers des projets de plus grande envergure, nécessitant des infrastructures modernes et une alimentation électrique permanente.

L’État prépare la réponse

Conscient de cet enjeu, le gouvernement entend anticiper les futurs besoins des industriels. La présence du Directeur général de l’Agence de Régulation du Secteur de l’Électricité (ARSEL), Jean Pascal Nkou, aux côtés du ministre de l’Eau et de l’Énergie, traduit la volonté des pouvoirs publics de coordonner l’ensemble des acteurs du secteur afin de garantir un approvisionnement fiable.

La stratégie envisagée repose sur plusieurs leviers. D’une part, l’augmentation des capacités nationales de production électrique grâce aux projets de développement en cours. D’autre part, la promotion de l’autoproduction énergétique auprès des grandes entreprises industrielles, appelées à participer elles-mêmes à la sécurisation de leurs besoins.

Cette approche vise à réduire la pression sur le réseau national tout en offrant aux opérateurs miniers davantage de flexibilité dans la conduite de leurs activités.

Grand-Zambi, un projet à fort potentiel industriel

Au-delà de la question énergétique, le site de Grand-Zambi représente un enjeu économique majeur pour le Cameroun. Le gisement recèlerait environ 150 millions de tonnes de magnétite, une ressource minérale particulièrement recherchée dans l’industrie sidérurgique.

Les autorités souhaitent que l’exploitation de ce potentiel ne se limite pas à l’exportation de matières premières brutes. L’orientation privilégiée est celle de la transformation locale du minerai afin de créer davantage de valeur ajoutée sur le territoire national.

Cette option pourrait favoriser l’émergence d’un véritable pôle industriel dans la région du Sud, avec à la clé la création de plusieurs milliers d’emplois directs et indirects, ainsi que le développement d’activités connexes dans les domaines du transport, de la logistique et des services.

Kribi, un maillon essentiel du dispositif

Pour accompagner cette dynamique, le gouvernement compte également sur le renforcement des infrastructures énergétiques existantes. L’augmentation programmée de la capacité de production de la centrale à gaz de Kribi figure parmi les solutions envisagées pour répondre à la croissance rapide de la demande industrielle.

Cette infrastructure joue déjà un rôle central dans l’alimentation du réseau électrique national et pourrait devenir un élément déterminant dans l’approvisionnement des futurs complexes miniers du Sud-Cameroun.

Une condition indispensable à l’industrialisation

La visite ministérielle à Grand-Zambi rappelle que l’énergie demeure l’un des piliers fondamentaux de la stratégie d’industrialisation du Cameroun. Sans une offre électrique adaptée, les ambitions de transformation locale des ressources naturelles risqueraient d’être compromises.

À travers cette démarche, le gouvernement affiche sa volonté de préparer le terrain pour l’émergence d’une industrie minière moderne, capable de valoriser les richesses du sous-sol national tout en générant des emplois et des revenus durables. Pour les autorités comme pour les investisseurs, l’équation est désormais claire : le développement des mines camerounaises passera nécessairement par la disponibilité d’une énergie suffisante pour soutenir leur croissance.

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