À quelques semaines de la tenue du Dialogue économique Cameroun–États-Unis, prévu le 27 août prochain à Yaoundé, les consultations se multiplient entre les deux pays afin de définir les contours de leur future coopération commerciale. C’est dans cette dynamique que le ministre du Commerce, Luc Magloire Mbarga Atangana, a accordé une audience, ce lundi 10 août, au chargé d’affaires de l’ambassade des États-Unis au Cameroun, John G. Robinson, accompagné de la responsable de la section économique de la représentation diplomatique américaine.
Cette rencontre de préparation a permis aux deux parties de passer en revue les principaux sujets qui devraient alimenter les échanges lors du rendez-vous économique annoncé par Washington. L’objectif affiché est de renforcer les relations commerciales bilatérales et d’identifier de nouvelles pistes de collaboration capables de stimuler les investissements et les échanges entre les opérateurs économiques camerounais et américains.
D’entrée de jeu, la délégation américaine a présenté les grandes orientations du dialogue à venir. Trois axes majeurs structureront les discussions : l’amélioration du climat des affaires, le développement des opportunités commerciales et la promotion des investissements. Des secteurs jugés stratégiques, notamment les industries extractives, les nouvelles technologies et les services financiers numériques, devraient également occuper une place importante dans les débats.
Au-delà des considérations générales sur la coopération économique, le ministre du Commerce a saisi cette occasion pour remettre sur la table plusieurs préoccupations majeures du Cameroun. Au premier rang figure la question de l’African Growth and Opportunity Act (AGOA), mécanisme américain offrant un accès préférentiel au marché des États-Unis à plusieurs pays africains. Suspendu du programme depuis janvier 2020, le Cameroun continue de plaider pour son retour au sein de ce dispositif qu’il considère comme un levier important pour le développement de ses exportations.
Pour Luc Magloire Mbarga Atangana, une éventuelle réintégration ne saurait toutefois se limiter à un simple rétablissement des avantages commerciaux. Le membre du gouvernement estime que cette démarche devrait être accompagnée d’un soutien plus conséquent en faveur de la transformation locale des matières premières et du financement de la production nationale. L’ambition est de permettre aux entreprises camerounaises de mieux répondre aux exigences du marché international et d’accroître la valeur ajoutée des produits exportés.
La problématique des normes et de la qualité a également occupé une place importante dans les échanges. Le Cameroun souhaite en effet accélérer la réalisation d’un laboratoire national dédié au contrôle, à la certification et à l’évaluation de la conformité des produits. Cette infrastructure est perçue comme un outil essentiel pour améliorer la compétitivité des productions locales et faciliter leur accès aux marchés étrangers, où les exigences techniques et sanitaires deviennent de plus en plus rigoureuses.
Pour les autorités camerounaises, disposer d’un laboratoire de référence permettrait non seulement de renforcer la crédibilité des produits nationaux, mais aussi de réduire certaines contraintes auxquelles sont confrontés les exportateurs, souvent obligés de recourir à des structures étrangères pour certaines certifications.
Autre dossier mis en avant : la création d’une bourse des matières premières. Selon le ministère du Commerce, les études préalables à la mise en œuvre de ce projet ont déjà été réalisées. L’initiative vise à instaurer un cadre moderne de commercialisation des produits agricoles et des matières premières, offrant davantage de transparence dans les transactions et un meilleur accès à l’information économique.
Une telle plateforme pourrait permettre aux producteurs de suivre en temps réel l’évolution des prix, de mieux négocier leurs produits et d’orienter leurs stratégies de production en fonction des tendances du marché. Les pouvoirs publics entendent désormais rechercher des partenaires techniques et financiers capables d’accompagner la concrétisation de cette ambition.
Les discussions ont enfin porté sur les perspectives de coopération dans le domaine de l’intelligence artificielle. Face à l’essor rapide de cette technologie et à son impact croissant sur les économies modernes, les deux parties ont exprimé leur volonté de développer des initiatives communes dans ce secteur considéré comme stratégique pour l’avenir.
Cette audience apparaît ainsi comme une étape préparatoire importante avant le Dialogue économique du 27 août. Elle traduit la volonté des autorités camerounaises de faire de cette rencontre un cadre concret de négociation autour de dossiers jugés prioritaires pour la modernisation de l’économie nationale, l’amélioration de la compétitivité des entreprises et le renforcement des relations commerciales avec les États-Unis.

Une plume journalistique agréable à lire qui rend compte de la manière la plus fidèle et honnête des évènements quotidiens.














Leave a Reply