Développement durable : La gestion durable des forêts du Bassin du Congo franchit un nouveau cap au Cameroun

Le Cameroun poursuit ses efforts pour concilier préservation de l’environnement, développement économique et amélioration des conditions de vie des populations riveraines des forêts. Réuni le 19 août 2026 à Soa sous la présidence du ministre de l’Environnement, de la Protection de la Nature et du Développement durable, Pierre Hélé, le Comité de pilotage du Programme à impact pour la gestion intégrée des paysages forestiers du Cameroun dans le Bassin du Congo a dressé un bilan jugé encourageant après quatre années de mise en œuvre.

Cette cinquième session ordinaire a permis aux différentes parties prenantes d’évaluer les réalisations enregistrées entre juillet 2025 et juin 2026, tout en examinant les orientations stratégiques qui guideront la cinquième année d’exécution du projet. Les travaux ont également servi de cadre pour mesurer les progrès accomplis vers les objectifs fixés lors du lancement de cette initiative régionale.

Un programme au cœur des enjeux environnementaux

Lancé officiellement le 28 avril 2022 pour une durée de six ans, ce programme s’inscrit dans une démarche de coopération entre les pays du Bassin du Congo, considéré comme le deuxième plus vaste massif forestier tropical de la planète après l’Amazonie. Le Cameroun met ainsi en œuvre son segment national en coordination avec plusieurs États voisins, notamment la République démocratique du Congo, la République centrafricaine, le Gabon, la Guinée équatoriale et le Congo.

L’ambition affichée est de promouvoir une gestion durable des ressources forestières tout en protégeant la biodiversité et en renforçant les moyens de subsistance des communautés locales. Le programme intervient dans plusieurs domaines stratégiques, notamment l’aménagement du territoire, la gouvernance des aires protégées, le développement des chaînes de valeur liées aux produits forestiers, la promotion de l’écotourisme ainsi que le partage des connaissances et des bonnes pratiques.

Des résultats tangibles après quatre années d’exécution

Selon les données présentées lors de la session, le projet affiche un taux global d’exécution de 66 % après quatre années de mise en œuvre. Un niveau de progression qui témoigne de l’avancement des différentes activités engagées sur le terrain.

Parmi les résultats les plus significatifs figure le renforcement de la gestion de plus de 1,19 million d’hectares d’aires protégées. Cette amélioration contribue à une meilleure conservation des écosystèmes forestiers et de la faune sauvage dans plusieurs zones stratégiques du pays.

Les actions de restauration écologique enregistrent également des avancées notables. Plus de 16 000 arbres ont été mis en terre, dont plusieurs milliers de plants d’ébène et d’arbres fruitiers. Ces opérations ont permis de restaurer près de 34 hectares de terres dégradées, contribuant ainsi à la lutte contre la déforestation et à la préservation des équilibres environnementaux.

Les communautés locales au cœur du dispositif

L’une des particularités du programme réside dans l’importance accordée aux populations vivant à proximité des massifs forestiers. Depuis son démarrage, plus de 40 000 bénéficiaires directs ont été recensés, avec une forte implication des femmes dans les activités soutenues.

Les initiatives déployées portent notamment sur le renforcement des capacités, l’autonomisation économique et l’amélioration de la gouvernance communautaire. Ces actions visent à faire des populations locales de véritables acteurs de la préservation des ressources naturelles tout en leur offrant des opportunités de revenus durables.

Dans les espaces transfrontaliers du Tri-National de la Sangha (TNS) et du Tri-National Dja-Minkébé-Odzala (TRIDOM), les retombées économiques commencent à se faire sentir. La commercialisation des produits forestiers non ligneux connaît une évolution positive, générant plus de 220 millions de francs CFA de revenus pour les communautés concernées.

Une lutte renforcée contre le braconnage

Le programme contribue également à la protection de la faune sauvage. Les responsables ont relevé une baisse significative de l’implication des communautés locales et autochtones dans les activités de braconnage, un phénomène favorisé par le développement d’activités économiques alternatives et par un travail accru de sensibilisation.

Cette évolution s’accompagne d’une stabilité des populations de grands et moyens mammifères observées dans plusieurs parcs nationaux, signe encourageant pour la conservation de la biodiversité dans les zones concernées.

Par ailleurs, les initiatives menées sur le terrain ont favorisé le renforcement de la cohésion sociale et de la solidarité entre les communautés autour de la gestion des ressources naturelles et des infrastructures collectives.

Cap sur la cinquième année du programme

Au terme des échanges, les membres du Comité de pilotage ont adopté le rapport annuel de la quatrième année d’exécution ainsi que le Plan de travail annuel budgétisé couvrant la période allant de juillet 2026 à juin 2027.

Tout en saluant les résultats obtenus, le ministre Pierre Hélé a invité l’ensemble des partenaires, administrations publiques, organisations communautaires et acteurs de terrain à maintenir la dynamique actuelle. Il a insisté sur la nécessité de poursuivre les efforts dans un esprit de concertation et de complémentarité afin d’atteindre les objectifs fixés à l’horizon 2028.

À deux années de son terme, ce programme apparaît désormais comme l’un des principaux instruments de la stratégie camerounaise de préservation des forêts du Bassin du Congo, tout en démontrant qu’environnement, développement local et création de richesses peuvent progresser de manière complémentaire.

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