Import-substitution : le gouvernement et la BC-PME unissent leurs forces pour renforcer les filières locales

Le Cameroun franchit une nouvelle étape dans sa stratégie de réduction de la dépendance aux importations. Le ministère du Commerce et la Banque Camerounaise des Petites et Moyennes Entreprises (BC-PME) ont officialisé, mardi 18 août 2026 à Yaoundé, un partenariat destiné à soutenir les acteurs économiques engagés dans les filières agropastorales et halieutiques. À travers cette convention de collaboration, les deux institutions entendent donner une impulsion nouvelle au Plan Intégré d’Import-Substitution Agropastoral et Halieutique (PIISAH), considéré comme l’un des principaux instruments de la politique gouvernementale de souveraineté alimentaire.

La signature de cet accord est intervenue au cours d’une cérémonie présidée par le ministre du Commerce, Luc Magloire Mbarga Atangana, en présence de plusieurs responsables gouvernementaux impliqués dans la mise en œuvre du programme. Parmi eux figuraient notamment le ministre de l’Élevage, des Pêches et des Industries animales, Dr Taïga, la secrétaire générale du ministère de l’Agriculture et du Développement rural, Pr Grace Annih Mbong, ainsi que le coordonnateur national du PIISAH, Zoutene Doufene.

Un financement de 400 millions de FCFA pour soutenir les opérateurs économiques

Au cœur de cette convention figure une enveloppe de 400 millions de FCFA mise à la disposition de la BC-PME par le ministère du Commerce pour l’exercice budgétaire 2026. Ces ressources seront destinées à accompagner les entreprises et les opérateurs économiques évoluant dans des secteurs stratégiques pour la consommation nationale.

Cette initiative s’inscrit dans le prolongement des orientations définies par le président de la République, Paul Biya, qui avait annoncé la mise en œuvre du PIISAH dans son adresse à la Nation du 31 décembre 2023. Elle répond également aux objectifs de la Stratégie Nationale de Développement 2020-2030 (SND30), qui place la transformation locale des matières premières, le développement des chaînes de valeur et le renforcement de l’autonomie économique parmi les priorités nationales.

Pour les autorités, la question ne se limite plus uniquement à accroître la production nationale. Le défi consiste désormais à garantir que les produits locaux puissent atteindre efficacement les marchés, répondre aux exigences des consommateurs et rivaliser avec les produits importés.

Combler le maillon faible entre la production et le marché

Si le Cameroun dispose d’importantes ressources agricoles, pastorales et halieutiques, une partie significative de la demande intérieure continue d’être satisfaite par des importations. Cette situation s’explique notamment par les difficultés rencontrées dans les circuits de commercialisation, de transformation et de distribution.

La convention signée entre le ministère du Commerce et la BC-PME vise précisément à intervenir sur cette étape cruciale. L’ambition est de permettre aux producteurs et aux entreprises de mieux structurer leurs activités afin d’assurer une présence plus importante des produits camerounais sur les marchés.

Les filières du riz, du maïs, de la farine, de l’huile de palme et du lait figurent parmi les secteurs prioritaires ciblés par ce dispositif. À travers des mécanismes de financement adaptés, les promoteurs économiques pourront bénéficier d’un accompagnement destiné à renforcer leurs capacités de transformation, de stockage, de conditionnement et de distribution.

Cette approche repose sur la conviction que la compétitivité d’un produit ne dépend pas uniquement de son volume de production, mais également de la qualité de sa présentation, de sa disponibilité et de l’efficacité de sa logistique.

La BC-PME au centre du dispositif d’accompagnement

Dans la mise en œuvre de cette stratégie, la Banque Camerounaise des PME se voit confier un rôle central. L’établissement financier devra faciliter l’accès au financement pour les entreprises porteuses de projets contribuant aux objectifs d’import-substitution.

Au-delà des concours financiers, l’institution est appelée à apporter un appui technique aux bénéficiaires afin de consolider leurs modèles économiques et d’améliorer leur insertion dans les circuits commerciaux nationaux.

L’objectif recherché est de faire émerger un réseau d’entreprises locales suffisamment solides pour assurer la transformation et la commercialisation des produits issus des filières prioritaires, tout en réduisant progressivement le recours aux importations.

Une ambition nationale pour la souveraineté alimentaire

Au-delà de son volet économique, cette convention traduit la volonté des pouvoirs publics de renforcer la résilience alimentaire du pays. En encourageant l’investissement dans les différentes étapes de la chaîne de valeur, le gouvernement entend créer les conditions d’une meilleure valorisation des ressources locales et d’une plus grande autonomie de l’économie nationale.

Pour les autorités, la réussite du PIISAH dépendra de l’implication de l’ensemble des acteurs concernés : administrations publiques, institutions financières, organisations professionnelles et entreprises privées. Le partenariat conclu avec la BC-PME apparaît ainsi comme un levier supplémentaire destiné à accélérer la transformation des filières productives et à faire du marché intérieur un moteur de croissance pour les produits « Made in Cameroon ».

À travers cette convention, le gouvernement réaffirme son ambition de bâtir une économie davantage fondée sur la production locale, la création de valeur ajoutée et la réduction durable de la facture des importations, tout en consolidant les bases de la souveraineté alimentaire du Cameroun.

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