FECAFOOT : Pr Owona Nguini faites une critique constructive et non une critique de rancune, la cérémonie d’inauguration du nouveau siège est déjà passée

Samuel Eto’o n’est ni infaillible ni au-dessus de la critique. Comme toute personnalité publique et tout dirigeant d’institution, son action à la tête de la FECAFOOT peut être discutée, analysée et contestée. Mais la critique perd toute sa valeur lorsqu’elle s’éloigne des faits pour devenir un simple procès à charge.

Les récentes déclarations du Pr Mathias Eric Owona Nguini sur la gestion de la FECAFOOT ont suscité de nombreuses réactions. En tant qu’universitaire et intellectuel reconnu, il jouit naturellement de la liberté d’exprimer ses opinions. Son expertise dans l’analyse de l’action publique lui confère également toute légitimité pour intervenir sur les questions liées à la gouvernance du sport.

Toutefois, cette légitimité intellectuelle impose aussi une exigence de rigueur et d’objectivité.

L’un des éléments fondamentaux souvent occultés dans le débat demeure la nomination du sélectionneur Marc Brys. Dans cette affaire, il est difficile de nier que la procédure retenue a créé une crise institutionnelle majeure. Le président de la FECAFOOT, élu conformément aux textes et investi de prérogatives reconnues par les instances nationales et internationales, a appris la nomination du sélectionneur à travers les médias et les réseaux sociaux.

Une telle démarche ne pouvait qu’être perçue comme une remise en cause de l’autonomie de la fédération. Dans toutes les grandes démocraties sportives, les fédérations jouissent d’une autonomie reconnue dans leur fonctionnement. Même lorsque l’État participe au financement ou à l’encadrement du sport national, les principes de concertation et de respect institutionnel demeurent essentiels.

La question n’est donc pas de savoir si le ministre disposait ou non d’une base juridique pour intervenir dans le processus. La véritable interrogation est celle du respect des équilibres institutionnels et du dialogue entre les acteurs concernés.

Peut-on raisonnablement écarter totalement la fédération d’une décision aussi importante que la désignation du sélectionneur national, puis lui faire porter ensuite l’entière responsabilité des difficultés rencontrées par l’équipe nationale ?

La réponse paraît évidente.

Pendant plusieurs mois, l’environnement des Lions Indomptables a été marqué par des tensions permanentes entre la tutelle et la fédération. Cette situation a alimenté un climat de confrontation qui n’a certainement pas favorisé la sérénité nécessaire à la préparation sportive.

Il est donc réducteur de présenter la FECAFOOT comme l’unique responsable des contre-performances enregistrées. La réalité est plus complexe et implique plusieurs acteurs institutionnels.

Par ailleurs, ceux qui applaudissent aujourd’hui certaines prises de position gagneraient à se souvenir que l’indépendance intellectuelle se mesure à la constance des principes défendus. Les idées doivent être jugées sur leur cohérence et leur conformité aux faits, non sur les circonstances politiques du moment.

Le débat sur la gouvernance du football camerounais mérite mieux que des postures partisanes. Il exige de la lucidité, de l’équilibre et surtout le courage de reconnaître les responsabilités de chacun.

Critiquer Samuel Eto’o est un droit. Mais ignorer les circonstances qui ont conduit à la crise entre l’État et la FECAFOOT revient à ne raconter qu’une partie de l’histoire.

Et une vérité partielle n’est jamais toute la vérité.

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