Sécurité régionale : l’Afrique centrale intensifie sa lutte contre la circulation illégale des armes

New York, États-Unis. Réunis au siège des Nations Unies dans le cadre de la neuvième Réunion biennale consacrée au Programme d’action sur les armes légères et de petit calibre, les États membres ont passé en revue les efforts déployés à travers le monde pour endiguer un phénomène qui continue d’alimenter les conflits et l’instabilité. À cette tribune internationale, l’Afrique centrale a fait entendre sa voix à travers la Communauté Économique des États de l’Afrique Centrale (CEEAC), qui a présenté les avancées enregistrées dans la sous-région tout en plaidant pour une mobilisation accrue de la communauté internationale.

Prenant la parole au nom de l’organisation régionale, le Commissaire chargé des Affaires politiques, de la Paix et de la Sécurité, le Général de Corps d’Armée Marcel Mapangou Moussadji, a dressé un état des lieux des menaces persistantes liées à la prolifération des armes légères et de petit calibre. Selon lui, la circulation incontrôlée de ces armes demeure un facteur majeur d’insécurité, favorisant les violences armées, la criminalité transfrontalière et l’instabilité dans plusieurs pays de la sous-région.

Les conséquences de ce phénomène dépassent largement le cadre sécuritaire. La disponibilité des armes contribue à fragiliser les économies nationales, ralentit les efforts de développement et accentue la vulnérabilité des populations civiles, notamment celle des femmes et des enfants, souvent premières victimes des conflits armés.

Face à cette réalité, la CEEAC met en avant les résultats obtenus grâce à la mise en œuvre progressive de la Convention de Kinshasa, cadre juridique régional destiné à prévenir, contrôler et réduire la prolifération des armes légères en Afrique centrale. Adopté en 2010 et entré en vigueur sept ans plus tard, cet instrument constitue aujourd’hui la pierre angulaire de la stratégie régionale dans ce domaine.

Des avancées notables ont été enregistrées au sein des États membres. Plusieurs pays ont déjà intégré les dispositions de la Convention dans leurs législations nationales et renforcé leurs dispositifs de contrôle. La création d’organes spécialisés, le développement de systèmes de traçabilité, le marquage des armes ainsi que les opérations de collecte et de destruction des armes illicites figurent parmi les mesures mises en œuvre avec l’appui de la Commission de la CEEAC.

Toutefois, les responsables régionaux reconnaissent que de nombreux défis restent à relever. La présence persistante de groupes armés, la sécurisation des arsenaux nationaux, l’identification des armes non enregistrées et l’émergence de nouvelles méthodes de fabrication utilisant les technologies numériques compliquent davantage la lutte contre le trafic illicite.

Consciente de ces enjeux, la CEEAC travaille actuellement à l’élaboration d’un programme d’action quinquennal destiné à accélérer l’application de la Convention de Kinshasa et à renforcer les capacités des États membres. Cette initiative s’inscrit dans la vision continentale portée par l’Union africaine visant à mettre fin aux conflits armés et à faire taire les armes sur le continent à l’horizon 2030.

À New York, l’organisation régionale a également lancé un appel aux partenaires internationaux afin d’obtenir un soutien accru sur les plans technique, financier et technologique. Pour les dirigeants de la CEEAC, seule une coopération renforcée permettra de répondre efficacement aux mutations du trafic d’armes et de consolider les efforts engagés en faveur de la paix, de la stabilité et du développement durable en Afrique centrale.

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