Kribi face au défi énergétique : l’ARSEL et le Port autonome explorent des solutions pour soutenir la croissance industrielle

La question de l’approvisionnement en énergie s’impose désormais comme l’un des principaux enjeux du développement de la zone industrialo-portuaire de Kribi. Conscientes de l’importance stratégique de cette problématique pour l’avenir économique du Cameroun, les autorités du secteur de l’électricité et les responsables portuaires ont engagé une nouvelle phase de concertation afin d’anticiper les besoins croissants des investisseurs et des industries installées sur le site.

C’est dans cette perspective que l’Agence de Régulation du Secteur de l’Électricité (ARSEL) a accueilli, le 3 juin 2026 à Yaoundé, une délégation du Port Autonome de Kribi (PAK) conduite par son directeur général, Patrice Melom. Au cœur des discussions figurait la sécurisation de l’alimentation électrique de la plateforme portuaire, devenue au fil des années l’un des principaux pôles industriels du pays.

L’expansion continue des activités économiques dans cette zone entraîne en effet une augmentation significative des besoins en énergie. Selon les projections présentées lors de la rencontre, la demande pourrait atteindre près de 450 mégawatts à l’horizon 2030. Une évolution qui impose dès à présent une réflexion approfondie sur les capacités de production, de transport et de distribution de l’électricité.

Les responsables du Port Autonome de Kribi ont notamment attiré l’attention sur plusieurs préoccupations majeures : la qualité du service électrique, le niveau des coûts énergétiques supportés par les entreprises ainsi que la rentabilisation des investissements déjà consentis pour la mise en place des infrastructures électriques au sein de la plateforme.

Pour le PAK et sa filiale en charge de la zone industrielle, l’enjeu est également de préserver l’attractivité et la compétitivité du complexe portuaire. Dans un contexte de concurrence entre les grands hubs logistiques et industriels de la sous-région, l’accès à une énergie fiable et à coût maîtrisé constitue un critère déterminant pour attirer de nouveaux investisseurs et accompagner l’installation d’industries à forte consommation énergétique.

Face à ces attentes, l’ARSEL a rappelé son rôle de régulateur et présenté les différentes possibilités offertes par le cadre légal et réglementaire en vigueur. L’objectif est d’identifier des mécanismes permettant de répondre aux besoins spécifiques de la zone industrialo-portuaire tout en garantissant le respect des règles du secteur électrique national.

Les échanges ont débouché sur la décision de poursuivre les travaux techniques avec l’ensemble des acteurs concernés, notamment les structures spécialisées dans le transport et la distribution de l’électricité. Cette démarche vise à examiner de manière détaillée les solutions les plus adaptées pour accompagner la montée en puissance des activités industrielles de Kribi.

À travers cette concertation, les parties prenantes affichent leur volonté commune de faire de l’énergie un levier de développement plutôt qu’un frein à la croissance. Pour le Cameroun, la réussite du projet industrialo-portuaire de Kribi dépendra en grande partie de la capacité des acteurs du secteur électrique à garantir une alimentation stable, performante et compétitive au service de l’économie nationale.

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