La coopération scientifique et la mutualisation des compétences s’imposent progressivement comme des leviers essentiels pour le développement de la recherche en Afrique centrale. Au Cameroun, cette orientation s’est illustrée à travers deux rencontres majeures conduites par le ministère de la Recherche scientifique et de l’Innovation (MINRESI), les 21 et 22 octobre 2026. Entre la relance des échanges avec le Centre national de la recherche scientifique (CNRS) français et la structuration du Hub régional de recherche et d’innovation d’Afrique centrale (H2RIAC), le gouvernement camerounais entend consolider les mécanismes de collaboration scientifique et promouvoir une recherche davantage intégrée à l’échelle régionale.
Le mercredi 21 octobre 2026, la ministre de la Recherche scientifique et de l’Innovation, Dr Madeleine Tchuinte, a reçu en audience Benoît Hazard, directeur régional Afrique du CNRS. Au centre des échanges, la nécessité de redynamiser la coopération entre l’institution française de recherche et le MINRESI, dans le prolongement de l’accord-cadre signé en avril 2023. Cette rencontre intervient dans un contexte où le renforcement des capacités scientifiques nationales et la mobilisation de partenariats internationaux constituent des enjeux importants pour la production des connaissances et l’innovation.
Au cours de cette audience, la ministre a exprimé le souhait de voir le CNRS accompagner le Cameroun dans la concrétisation de projets structurants, notamment la construction du Centre de Biogéosciences de l’Environnement (CNE). Ce projet, qui ambitionne de contribuer au développement des connaissances sur les interactions entre les systèmes naturels et les activités humaines, figure parmi les initiatives susceptibles de renforcer les infrastructures scientifiques nationales.
La coopération envisagée ne se limite toutefois pas à la réalisation d’équipements. Elle porte également sur le développement du capital humain, à travers le renforcement des compétences des chercheurs camerounais, les programmes de mobilité scientifique et la multiplication des collaborations entre équipes de recherche. L’objectif est de favoriser les échanges d’expertise, de faciliter l’accès aux réseaux scientifiques internationaux et de créer des conditions propices à l’émergence de projets communs.
Le directeur régional Afrique du CNRS a, pour sa part, manifesté la disponibilité de son institution à contribuer au développement de la recherche camerounaise. Il a notamment encouragé la constitution de réseaux de recherche associant les chercheurs et les universitaires camerounais à leurs homologues internationaux. La mise en place de laboratoires de recherche collaboratifs avec les instituts placés sous la tutelle du MINRESI a également été évoquée comme une piste susceptible de donner une dimension plus opérationnelle au partenariat.
Le lendemain, jeudi 22 octobre 2026, la ministre Madeleine Tchuinte a poursuivi cette dynamique en présidant la cérémonie d’ouverture officielle des Rencontres du Hub régional de recherche et d’innovation d’Afrique centrale (H2RIAC). La rencontre, organisée dans la salle de conférences du bâtiment annexe n° 2 du MINRESI, a réuni plusieurs personnalités du monde diplomatique, universitaire et scientifique, parmi lesquelles l’ambassadeur de France au Cameroun, S.E. Sylvain Riquier, le recteur de l’Université de Yaoundé I, le Pr Rémy Magloire Etoa, ainsi que le représentant de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC).
Ces assises s’inscrivent dans le prolongement de l’atelier de préfiguration du Hub organisé en juillet 2025. Elles visent à franchir une nouvelle étape dans la structuration et l’opérationnalisation de cette plateforme régionale, conçue pour favoriser la coopération entre les institutions de recherche et d’innovation des pays d’Afrique centrale. Outre le Cameroun, les travaux réunissent les représentants du Congo, du Gabon, de la Guinée équatoriale, de la République centrafricaine et du Tchad, soit l’ensemble des autres États membres de la CEMAC.
À travers le H2RIAC, les acteurs scientifiques de la sous-région ambitionnent de dépasser les approches nationales isolées pour construire un cadre de collaboration plus cohérent. La mise en commun des expertises, le partage des ressources scientifiques, la circulation des chercheurs et le développement de projets conjoints figurent parmi les perspectives associées à cette initiative. Une telle organisation pourrait permettre aux pays participants de mieux répondre aux défis communs, notamment dans les domaines de l’environnement, de la santé, de l’agriculture, des ressources naturelles et de l’innovation technologique.
Dans son allocution d’ouverture, la ministre Madeleine Tchuinte a insisté sur l’importance d’une mobilisation collective des compétences et des ressources disponibles dans la sous-région. Pour elle, la réussite du Hub dépendra de l’engagement de l’ensemble des pays participants et de leur capacité à inscrire leurs contributions dans une vision commune. « Le H2RIAC sera ce que nous en ferons collectivement. Le Cameroun en sera le facilitateur résolu ; il ne prétend pas en être propriétaire », a-t-elle déclaré, soulignant ainsi la vocation inclusive et collaborative de cette plateforme.
Cette déclaration traduit une volonté de promouvoir une gouvernance scientifique régionale fondée sur la coopération, plutôt que sur une logique de leadership exclusif. Le Cameroun entend ainsi jouer un rôle moteur dans la mise en place du dispositif, tout en reconnaissant la nécessité d’une participation équilibrée des autres États membres de la CEMAC.
La relance du partenariat avec le CNRS et les travaux consacrés au H2RIAC apparaissent dès lors comme deux initiatives complémentaires. La première vise à renforcer les capacités nationales à travers une coopération scientifique internationale, tandis que la seconde ambitionne de structurer un espace régional de recherche capable de mutualiser les compétences et de soutenir des projets d’intérêt commun.
Pour le MINRESI, l’enjeu est désormais de transformer ces engagements en résultats concrets. La mise en œuvre effective des projets envisagés, la création de réseaux scientifiques durables et l’opérationnalisation du Hub régional constitueront des étapes déterminantes pour renforcer la visibilité et la compétitivité de la recherche camerounaise et centrafricaine. Une ambition qui place la coopération scientifique au cœur des perspectives de développement et d’intégration de l’Afrique centrale.

Une plume journalistique agréable à lire qui rend compte de la manière la plus fidèle et honnête des évènements quotidiens.















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