Bois et PME : le Cameroun et le Royaume-Uni explorent de nouvelles pistes de coopération

Le Cameroun entend renforcer la transformation locale du bois et accroître la contribution des petites et moyennes entreprises à la valorisation de ses ressources forestières. Cette ambition était au centre d’une audience accordée par le ministre des Petites et Moyennes Entreprises, de l’Économie sociale et de l’Artisanat (MINPMEESA), Achille Bassilekin III, à une délégation britannique conduite par Neil Scotland, conseiller principal pour les forêts au ministère britannique des Affaires étrangères, du Commonwealth et du Développement (FCDO). Les échanges ont porté sur les perspectives de coopération entre les deux pays, avec un accent particulier sur le développement des entreprises locales, le transfert de compétences et la promotion d’une économie forestière plus compétitive.

La rencontre s’inscrit dans un contexte où la transformation des matières premières sur le territoire national constitue un enjeu économique majeur pour le Cameroun. Malgré l’importance de son patrimoine forestier, le pays doit encore consolider les mécanismes permettant aux entreprises locales de tirer davantage profit de cette richesse. L’objectif est notamment de dépasser la simple exploitation des ressources pour favoriser leur transformation en produits finis ou semi-finis, susceptibles de générer davantage de valeur ajoutée, de revenus et d’emplois.

C’est dans cette perspective que le MINPMEESA et ses interlocuteurs britanniques ont examiné plusieurs axes de collaboration. Parmi les priorités évoquées figurent l’amélioration des capacités de production des PME opérant dans la filière bois, la modernisation de leurs équipements et l’accès à des technologies adaptées aux exigences du marché. Le renforcement des compétences techniques et le transfert de savoir-faire apparaissent également comme des leviers importants pour améliorer la qualité des produits issus de la transformation locale et accroître leur compétitivité.

La question du financement occupe aussi une place déterminante dans cette démarche. Pour de nombreuses petites et moyennes entreprises, l’acquisition de machines performantes, l’extension des unités de production et l’adoption de procédés de transformation plus modernes nécessitent des investissements parfois difficiles à mobiliser. La recherche de mécanismes de financement adaptés aux réalités de ces structures constitue ainsi une piste de coopération susceptible de faciliter leur développement et de favoriser leur intégration dans des circuits économiques plus structurés.

La délégation britannique comprenait également Samantha Smith, haut-commissaire adjointe et chargée d’affaires, ainsi qu’Euan McCarthy, conseiller régional en climat et environnement pour l’Afrique centrale. La présence de ces responsables souligne la dimension économique et environnementale des discussions, dans un secteur où la création de richesses doit s’accompagner d’une gestion responsable des ressources naturelles.

Au-delà des échanges institutionnels, le projet du SMEs Wood’s Park de Lomié constitue une illustration concrète de la volonté de promouvoir la transformation locale du bois. La convention de partenariat entre le MINPMEESA et la commune de Lomié, dans la région de l’Est, a été signée le 6 octobre 2026. Cette initiative vise à mettre en place un cadre favorable au développement des PME, des artisans et des organisations de l’économie sociale intervenant dans la filière forestière.

Le principe d’un tel espace est de rapprocher les acteurs économiques des infrastructures et des moyens nécessaires à leurs activités. En favorisant le regroupement des petites unités de production et l’amélioration de leurs conditions de travail, le SMEs Wood’s Park ambitionne de contribuer à une meilleure organisation de la chaîne de valeur du bois. Il s’agit notamment de donner aux artisans et aux entrepreneurs locaux davantage de possibilités de transformer la matière première, de diversifier leurs produits et de répondre à une demande de plus en plus exigeante en matière de qualité.

Les retombées attendues concernent également le marché de l’emploi. Le développement d’activités de transformation sur place peut favoriser la création de postes dans les ateliers, la maintenance des équipements, le transport, la commercialisation et les services connexes. Une telle dynamique est particulièrement importante pour les territoires disposant d’un potentiel forestier, où la transformation des ressources naturelles peut devenir un facteur de diversification économique et de développement des activités locales.

Toutefois, la concrétisation de ces ambitions dépendra de la capacité des différents partenaires à traduire les orientations discutées en actions opérationnelles. L’accès aux équipements, la disponibilité des financements, la formation de la main-d’œuvre et l’accompagnement des entreprises demeurent des conditions essentielles pour assurer la pérennité des initiatives engagées. La gestion durable de la ressource forestière constitue, elle aussi, un impératif afin de concilier les objectifs de croissance économique avec la préservation des écosystèmes.

Pour le MINPMEESA, le renforcement des relations avec le Royaume-Uni ouvre ainsi des perspectives de collaboration autour d’un secteur présentant des possibilités de création de valeur encore importantes. En misant sur les capacités des PME, l’innovation technique et la transformation locale, le Cameroun cherche à faire de son potentiel forestier un moteur de développement économique, tout en favorisant une exploitation plus responsable de ses ressources.

L’enjeu est désormais de consolider les partenariats envisagés et de créer les conditions permettant aux entreprises camerounaises de mieux transformer, produire et commercialiser. À terme, la réussite de cette orientation se mesurera notamment à la capacité de la filière à générer davantage de valeur ajoutée sur le territoire national, à renforcer la compétitivité des PME et à offrir de nouvelles opportunités économiques aux populations.

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