Le Cameroun prépare une nouvelle étape dans l’organisation de la formation doctorale au sein de ses universités publiques. Pour l’année académique 2026-2027, un total de 815 places est prévu pour les candidats souhaitant poursuivre leurs études en thèse, dont 700 places annoncées pour les étudiants camerounais et 115 réservées aux candidats internationaux. Cette répartition s’accompagne de critères académiques précis, de quotas par établissement et d’un calendrier que les universités devront respecter.
Les principales orientations ont été arrêtées le 16 octobre 2026, à l’issue de la première session de la Commission nationale de la formation doctorale (CNFD), présidée par le ministre d’État, ministre de l’Enseignement supérieur et chancelier des ordres académiques. Instituée le 27 juillet 2026 par le Premier ministre, chef du gouvernement, sur très hautes instructions de la présidence de la République, cette instance a pour mission d’encadrer l’accès au cycle doctoral, de veiller à la qualité de la formation et de contribuer, le cas échéant, au financement de la recherche doctorale.
À travers cette nouvelle organisation, les pouvoirs publics entendent notamment adapter le nombre de doctorants aux capacités d’accueil et d’encadrement des institutions universitaires. La Commission doit également harmoniser les procédures de sélection et de formation, tout en orientant les travaux de recherche vers les domaines prioritaires définis par la Stratégie nationale de développement.
L’accès au doctorat ne sera donc pas automatique pour les titulaires d’un diplôme de niveau master. Le communiqué du ministère de l’Enseignement supérieur précise que l’admission s’effectuera exclusivement par voie de sélection. Les candidats devront être titulaires d’un master recherche ou d’un diplôme reconnu équivalent dans les domaines fondamentaux ou appliqués. Les masters professionnels et technologiques sont explicitement exclus du dispositif.
Les exigences portent également sur les résultats obtenus au cours du parcours universitaire. Les candidats devront justifier d’au moins une mention Assez bien à l’un des trois niveaux du cycle de licence. Au niveau du master recherche, la moyenne minimale exigée est fixée à 13/20, ou au grade C+, pour les sciences fondamentales. Dans les sciences humaines et sociales, le seuil est plus élevé et s’établit à 14/20, correspondant au grade B.
Autre condition importante : les candidats ne devront pas avoir été soumis au rattrapage lors des évaluations des deux derniers semestres de master. Ces exigences constituent le socle commun applicable aux sélections doctorales. Toutefois, les responsables des institutions universitaires pourront renforcer les critères en fonction des particularités des filières, du nombre de candidatures et des possibilités d’encadrement disponibles. Ils ne pourront cependant pas les assouplir en dessous des seuils fixés par la Commission.
Sur le plan financier, les étudiants admis devront s’acquitter de droits universitaires annuels de 50 000 FCFA, à l’exception des étudiants non ressortissants des pays de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC). Le texte précise par ailleurs que les frais d’encadrement et de soutenance seront supportés par l’institution universitaire concernée.
La répartition des places entre les onze universités d’État tient compte des capacités d’accueil, des ressources d’encadrement et de la soutenabilité financière de chaque établissement. L’Université de Yaoundé I bénéficie du contingent global le plus élevé, avec 97 places. Elle est suivie de l’Université de Douala, qui en compte 93, tandis que les universités de Bamenda, de Buea et de Maroua disposent chacune de 80 places.
L’Université de Dschang se voit attribuer 85 places, au même titre que l’Université de Yaoundé II. L’Université de Ngaoundéré en compte 76. Les contingents les moins élevés concernent les universités de Bertoua, d’Ebolowa et de Garoua, avec respectivement 43, 48 et 48 places.
Au-delà de ces quotas généraux, le dispositif prévoit des places spécifiques pour certaines catégories de candidats. Il s’agit notamment des médecins, odontostomatologues et pharmaciens salariés, ainsi que des chercheurs relevant du ministère de la Recherche scientifique et de l’Innovation (MINRESI). Le tableau de répartition prévoit 45 places pour la première catégorie et 55 pour la seconde. Les candidats internationaux disposent, quant à eux, d’un contingent de 115 places réparties entre les différentes universités.
Pour les professionnels de santé souhaitant accéder à une formation doctorale dans le cadre du quota qui leur est réservé, une condition supplémentaire est imposée : ils devront justifier de leur rattachement à une institution publique d’enseignement supérieur en qualité d’enseignant permanent. De leur côté, les chercheurs du MINRESI devront joindre à leur dossier une autorisation de candidature délivrée par l’autorité compétente de leur département ministériel, en complément des pièces exigées pour l’admission.
Le calendrier fixé par la Commission prévoit une première échéance au samedi 24 octobre 2026. Au plus tard à cette date, les chefs des institutions universitaires devront lancer leurs appels à candidatures afin de permettre aux postulants de prendre connaissance des conditions propres à chaque établissement et de constituer leurs dossiers.
Les universités auront ensuite jusqu’au lundi 30 novembre 2026 pour transmettre leurs projets de listes de sélection au secrétariat technique de la CNFD, par l’intermédiaire du président de la Conférence des chefs des institutions universitaires (CONCIU). Les dossiers devront être présentés en version physique et numérique.
Les listes devront notamment indiquer l’école doctorale concernée, l’unité de formation doctorale, l’identité et la nationalité du candidat, sa spécialité, l’intitulé du sujet de recherche, ainsi que les noms et prénoms des encadreurs, leurs grades et leurs universités de rattachement. Les propositions d’encadrement des doctorants étrangers feront l’objet d’un traitement distinct, après l’examen des dossiers des candidats nationaux.
La publication des appels à candidatures par les universités constituera ainsi la prochaine étape concrète du processus. Les candidats intéressés devront suivre les annonces de leur établissement de choix, vérifier leur admissibilité au regard des critères nationaux et prendre connaissance des éventuelles exigences complémentaires applicables à leur filière.
Avec ces nouvelles dispositions, la sélection doctorale pour 2026-2027 s’inscrit dans une logique de contingentement et d’encadrement plus structuré. Au-delà du nombre de places disponibles, l’enjeu sera de concilier l’accès à la recherche universitaire, la qualité de la formation et les capacités réelles des institutions publiques à accompagner les futurs doctorants jusqu’à la soutenance de leurs travaux.

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