MINTOUL : le Cameroun renforce la protection et la valorisation de son patrimoine culinaire traditionnel

Le Centre international de l’artisanat de Yaoundé a accueilli une Journée du patrimoine culinaire menacé, organisée par le Centre de recherche et de sauvegarde du patrimoine culinaire (CRESPAC), en partenariat avec le ministère du Tourisme et des Loisirs (MINTOUL). Cette initiative vise à préserver les recettes traditionnelles, promouvoir les produits locaux et transmettre aux générations futures les savoir-faire gastronomiques qui participent à l’identité culturelle du Cameroun.

Présidant la cérémonie d’ouverture au nom du ministre, le secrétaire général du MINTOUL, Ndioro A. Mamoum, a mis en avant les avancées enregistrées dans la reconnaissance et la protection des spécialités culinaires nationales. Il a notamment annoncé que l’ekoki bénéficie désormais d’une protection au titre de marque collective, tandis que le ndolè sawa devrait suivre la même voie avant la fin du mois d’octobre. Ce mécanisme permet de réserver l’utilisation de ces appellations aux acteurs respectant un cahier des charges commun, afin de préserver l’authenticité des produits et de rassurer les consommateurs.

Le Cameroun entend également faire reconnaître son patrimoine gastronomique à l’échelle internationale. La candidature de l’achu, plat traditionnel emblématique de la région du Nord-Ouest, doit être examinée par le Comité intergouvernemental de l’UNESCO lors de sa session prévue à partir du 30 novembre. Une validation marquerait une étape importante pour le pays, avec une première inscription d’un élément culinaire camerounais sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité.

Au-delà de ces démarches institutionnelles, cette journée entend attirer l’attention sur la fragilité de certaines traditions alimentaires, menacées notamment par la perte des savoir-faire et la diminution de la transmission entre générations. La valorisation des ingrédients locaux, la documentation des recettes et la reconnaissance du travail des détenteurs de ces connaissances constituent autant de leviers pour assurer leur pérennité.

Le secrétaire général a salué l’engagement de Marie Thérèse Atedzoe Owona, présidente fondatrice du CRESPAC, ainsi que celui de l’actuelle présidente, Ursule Tsala Belibi. Il a par ailleurs indiqué que la demande de l’organisation portant sur la mise à disposition de 200 exemplaires de son ouvrage au profit des universités et des institutions ferait l’objet d’un examen bienveillant. La cérémonie s’est achevée par une invitation adressée aux participants à découvrir les espaces d’exposition, témoins de la diversité et de la richesse du patrimoine culinaire camerounais.

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