Cameroun : l’influenceuse Manuella Nimpa, dite « La Croqueuse de Diamants », visée par une plainte pour des injections de Body Filler

Yaoundé, 17 juillet 2026 – Une affaire impliquant l’influenceuse camerounaise Manuella Nimpa, connue sur les réseaux sociaux sous le pseudonyme de « La Croqueuse de Diamants », secoue actuellement le secteur de la médecine esthétique au Cameroun. L’Ordre National des Médecins du Cameroun (ONMC) a officiellement saisi les autorités compétentes à la suite de signalements portant sur des actes médico-esthétiques présumés réalisés en dehors du cadre légal.

Une plainte déposée par l’Ordre des Médecins

Dans une note d’information datée du 16 juillet 2026 et signée par son président, le Dr Rodolphe Fonkoua, l’ONMC annonce avoir déposé des plaintes contre deux personnes soupçonnées d’exercice illégal de la médecine. Parmi elles figure Manuella Nimpa, à qui il est reproché des « actes esthétiques invasifs », notamment des injections de Body Filler, pratiquées en dehors du cadre réglementaire en vigueur.

Selon l’Ordre, les dossiers ont été transmis aux autorités compétentes qui devront conduire les enquêtes nécessaires afin de vérifier les faits et d’établir les responsabilités éventuelles conformément aux lois de la République.

Qu’est-ce que le Body Filler ?

Le Body Filler désigne des produits injectables utilisés pour augmenter le volume de certaines parties du corps, notamment les fesses, les seins ou les hanches. Ces interventions, de plus en plus visibles sur les réseaux sociaux, sont considérées comme des actes médicaux lorsqu’elles impliquent l’injection de substances dans l’organisme.

Les autorités sanitaires rappellent que ces actes ne peuvent être pratiqués que par des professionnels de santé qualifiés et dans des structures sanitaires dûment autorisées.

Le ministère de la Santé tire la sonnette d’alarme

Dans un communiqué distinct publié le même jour, le ministre de la Santé publique, Dr Manaouda Malachie, a alerté sur la multiplication des offres de Body Filler diffusées sur les réseaux sociaux et dans des espaces privés. Sans citer de noms, le ministre rappelle que ces pratiques peuvent exposer les patients à de graves complications sanitaires.

Parmi les risques évoqués figurent :

les infections sévères ;

les réactions allergiques ;

les déformations et douleurs chroniques ;

la migration du produit dans l’organisme ;

la nécrose des tissus ;

des complications pouvant engager le pronostic vital.

Le ministère a également annoncé des contrôles et prévenu que toute activité exercée en violation de la réglementation pourrait faire l’objet de mesures administratives et judiciaires.

Une figure très suivie sur les réseaux sociaux

Au cœur de cette affaire, Manuella Nimpa est devenue une personnalité populaire sur les plateformes numériques grâce à ses contenus liés au lifestyle, à la beauté et à l’esthétique. Plusieurs publications relayées sur les réseaux sociaux la montreraient réalisant ou promouvant des procédures de Body Filler, éléments qui semblent avoir contribué aux signalements examinés par l’Ordre des Médecins.

Toutefois, à ce stade, les accusations portées contre l’influenceuse restent des allégations faisant l’objet d’investigations. Aucune décision de justice n’a encore été rendue et les enquêtes annoncées devront permettre de déterminer les faits et les éventuelles responsabilités.

Un tournant dans la lutte contre les pratiques clandestines

Cette affaire intervient dans un contexte de vigilance accrue des autorités face à l’essor de la médecine esthétique informelle. En engageant une procédure contre des personnalités médiatisées, l’ONMC entend rappeler que les actes médico-esthétiques invasifs sont strictement encadrés par la loi et doivent être pratiqués exclusivement par des professionnels habilités.

L’évolution du dossier dépendra désormais des conclusions des enquêtes ouvertes par les autorités compétentes et des éventuelles suites judiciaires qui pourraient en découler.

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