Les services spécialisés de la Gendarmerie nationale ont mis fin aux activités d’un réseau organisé qui se faisait passer à la fois pour des membres des Forces de défense et de sécurité et pour des représentants mandatés par les Nations unies. L’opération, conduite par le Poste de Commandement Opérationnel de la Gendarmerie Nationale (PCOPS), a conduit à l’interpellation de plusieurs personnes soupçonnées d’avoir développé un système de fraude, d’usurpation de fonctions et d’extorsion à travers le pays.
L’affaire trouve son origine dans un signalement transmis par le ministère des Relations extérieures. Les autorités avaient été alertées sur les activités d’une organisation de défense des droits humains qui utilisait abusivement les emblèmes des Nations unies et revendiquait une représentation auprès de certaines institutions internationales, notamment l’Union européenne et l’Union africaine.
Les investigations menées par les enquêteurs ont abouti à l’arrestation des principaux responsables de l’Organisation pour la Défense des Droits de l’Homme (ODDH International), dont son président et sa secrétaire générale, ainsi que plusieurs de leurs collaborateurs. Selon les premiers éléments de l’enquête, cette structure, légalement constituée à l’origine, se serait progressivement éloignée de sa vocation initiale pour mener des activités relevant exclusivement des forces de l’ordre.

Les perquisitions effectuées dans différents domiciles ont permis la découverte d’un important arsenal et de nombreux équipements. Parmi les objets saisis figurent des armes de guerre, des armes de chasse, des uniformes militaires, des tenues attribuées au Groupement Polyvalent d’Intervention de la Gendarmerie Nationale (GPIGN), des galons, des insignes, des documents administratifs, des laissez-passer, ainsi que divers cachets et pièces portant les marques d’institutions publiques.
Face à la presse, le chef du PCOPS, le lieutenant-colonel Nana II Georges Parfait, a indiqué que l’organisation s’était dotée d’une structure à caractère paramilitaire avec des grades, des uniformes et des équipements de défense. Le réseau aurait développé des ramifications dans près d’une centaine d’arrondissements du pays.

Les enquêteurs reprochent également aux membres de cette organisation de s’être substitués aux officiers de police judiciaire en procédant à des convocations, des auditions et des interpellations sans aucune habilitation légale. Plusieurs victimes auraient été approchées par des individus se présentant comme des gendarmes ou des policiers, dans le but de soutirer de l’argent ou d’obtenir divers avantages.
Selon les informations recueillies au cours des auditions, les responsables du groupe exploitaient également l’image des Nations unies afin de bénéficier d’une apparente crédibilité auprès des populations et des administrations. Cette stratégie leur aurait permis d’échapper à certains contrôles et de faciliter leur accès à plusieurs institutions.
L’enquête a par ailleurs révélé que le principal dirigeant de l’organisation se présentait sous diverses identités selon les circonstances, se faisant tour à tour appeler haut-commissaire, ambassadeur, officier général ou encore chevalier. Certains de ses proches collaborateurs auraient également arboré indûment des titres de commissaire ou d’inspecteur de police.

Au cours de son audition, le principal suspect a déclaré exercer ces activités depuis 2009. Il a également reconnu recruter une partie de ses membres à travers les réseaux sociaux.
Les autorités appellent désormais les populations à faire preuve de vigilance face aux individus se réclamant abusivement d’organismes internationaux ou des forces de sécurité. La Gendarmerie nationale encourage les citoyens à signaler tout comportement suspect via ses numéros verts afin de contribuer à la lutte contre ce type de criminalité.
Les personnes interpellées devraient être présentées à la justice dans les prochains jours, tandis que les investigations se poursuivent pour identifier et retrouver d’éventuels complices encore en fuite.

Une plume journalistique agréable à lire qui rend compte de la manière la plus fidèle et honnête des évènements quotidiens.















Leave a Reply