N’Djaména a servi de cadre à une intense activité diplomatique et technique pour la délégation camerounaise conduite par le ministre de l’Eau et de l’Énergie, Gaston Eloundou Essomba. En marge du Forum Africain de l’Eau, le membre du gouvernement a multiplié les échanges avec plusieurs groupes internationaux spécialisés dans la production, la distribution et la gestion des services d’eau, dans l’optique d’accélérer la modernisation du secteur au Cameroun.
Face aux défis liés à l’accès à l’eau potable et à l’amélioration de la qualité du service public, les autorités camerounaises entendent tirer profit des expériences réussies observées sur le continent et ailleurs. Cette démarche s’inscrit dans le vaste chantier de réforme engagé par le gouvernement pour renforcer l’efficacité des infrastructures hydrauliques et améliorer les performances des opérateurs du secteur.
Parmi les entreprises rencontrées figure Vergnet Hydro, reconnue pour ses interventions dans l’approvisionnement en eau des zones rurales et des régions confrontées à des contraintes climatiques. Les responsables du groupe ont présenté leurs solutions fondées sur l’utilisation de l’énergie solaire pour alimenter les systèmes d’adduction d’eau, réduisant ainsi la dépendance aux groupes électrogènes. Leur expérience dans plusieurs pays africains a également mis en lumière des modèles de gestion associant expertise technique et accompagnement des acteurs locaux.
Les discussions se sont ensuite poursuivies avec Eranove, acteur panafricain présent dans les secteurs de l’eau et de l’électricité. Les échanges ont porté sur les performances enregistrées en Côte d’Ivoire, notamment en matière de rendement des réseaux de distribution d’eau. Gaston Eloundou Essomba a profité de cette rencontre pour exposer les grandes orientations de la réforme actuellement envisagée au Cameroun. L’amélioration de l’efficacité des réseaux, le renforcement du recouvrement des recettes et l’élargissement de la base des abonnés figurent parmi les priorités identifiées. Les mécanismes de lutte contre les fraudes dans les services publics ont également alimenté les débats.
La délégation camerounaise a également rencontré les responsables de Suez, groupe international disposant d’une solide expérience dans la gestion des services d’eau. Les échanges ont notamment porté sur les méthodes de réduction des pertes dans les réseaux, la fiabilisation des bases de données des abonnés et l’optimisation de l’exploitation des infrastructures. L’entreprise, déjà impliquée au Cameroun à travers le projet d’alimentation en eau potable de Yaoundé à partir du fleuve Sanaga, a manifesté son intérêt pour accompagner les nouvelles orientations du secteur.
Au-delà des rencontres institutionnelles, ces séances de travail ont permis d’identifier plusieurs leviers susceptibles de transformer durablement le paysage de l’eau potable au Cameroun. L’utilisation accrue des énergies renouvelables, l’amélioration de la gouvernance, la professionnalisation des opérateurs, la réduction des pertes techniques et commerciales ainsi que la modernisation des systèmes de gestion figurent parmi les pistes explorées.
Par cette offensive diplomatique et économique menée au Forum Africain de l’Eau, le Cameroun affiche clairement son ambition de s’appuyer sur des partenariats internationaux de haut niveau pour relever les défis de l’accès à l’eau potable. Une stratégie qui traduit la volonté des pouvoirs publics d’inscrire la réforme du secteur dans une dynamique de performance, d’innovation et de développement durable au bénéfice des populations.

Une plume journalistique agréable à lire qui rend compte de la manière la plus fidèle et honnête des évènements quotidiens.














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