Société : Après le drame de Nkolndongo, l’État serre la vis aux églises de réveil

Le gouvernement entend renforcer le contrôle des activités religieuses à la suite du meurtre tragique d’une fillette de 11 ans survenu à Nkolndongo, dans l’arrondissement de Yaoundé IV. Mercredi à Yaoundé, le ministre de l’Administration territoriale, Paul Atanga Nji, a convoqué une séance de travail avec les responsables de l’Église Évangélique « Vie et Paix au Cameroun », dont une fidèle est présentée comme la principale suspecte dans cette affaire qui a profondément ému l’opinion publique.

Conduite par son secrétaire général, l’Apôtre Phillipe Obaker, la délégation religieuse a été reçue au ministère afin d’apporter des éclaircissements sur les circonstances entourant ce drame et d’échanger sur les mesures susceptibles d’éviter la répétition de tels actes.

Selon les informations examinées au cours de la rencontre, les autorités administratives s’appuient notamment sur les éléments recueillis par les services locaux pour mieux comprendre les facteurs ayant conduit à ce crime. Pour le ministère de l’Administration territoriale, cette tragédie soulève également la question de l’encadrement des fidèles au sein de certaines communautés religieuses.

Au cours des échanges, Paul Atanga Nji a exprimé la ferme condamnation du gouvernement face à cet acte criminel, rappelant que le respect de la vie humaine constitue un principe fondamental aussi bien dans les lois de la République que dans les enseignements religieux. Il a insisté sur le rôle que doivent jouer les responsables spirituels dans la transmission des valeurs morales, civiques et citoyennes auprès de leurs communautés.

Le membre du gouvernement a notamment appelé à un renforcement de la formation des responsables religieux. Il a préconisé l’organisation régulière de sessions d’information et de sensibilisation destinées aux pasteurs et aux encadreurs afin de promouvoir des comportements conformes aux exigences de la vie en société et au respect de l’ordre public.

La rencontre a également permis d’évoquer la question de l’organisation administrative des structures religieuses. Les autorités ont demandé aux responsables de l’Église concernée de mettre à jour les informations relatives à leurs représentations locales et de transmettre aux services compétents les données nécessaires à un meilleur suivi de leurs activités sur l’ensemble du territoire national.

Au-delà du cas particulier de Nkolndongo, le ministre de l’Administration territoriale a réaffirmé la volonté du gouvernement d’assainir davantage le paysage religieux camerounais. Dans cette perspective, il a annoncé la fermeture prochaine de nombreuses églises de réveil ne remplissant pas les conditions administratives requises pour exercer légalement leurs activités.

Pour les autorités, cette démarche s’inscrit dans une politique plus large visant à garantir la sécurité des populations, à renforcer le respect de la réglementation en vigueur et à prévenir les dérives susceptibles de menacer la cohésion sociale.

Au terme de la concertation, les responsables de l’Église Évangélique « Vie et Paix au Cameroun » ont été invités à intensifier leurs actions de sensibilisation auprès des fidèles, à veiller au respect des lois de la République et à maintenir une collaboration étroite avec les autorités administratives dans l’intérêt de la paix sociale et de la protection des citoyens.

Cette affaire relance le débat sur la régulation des mouvements religieux au Cameroun et sur la responsabilité des leaders spirituels dans la prévention des comportements extrêmes pouvant conduire à des actes irréparables.

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