Filière cacao : le Cameroun plaide pour une durabilité qui profite aussi aux producteurs

À l’heure où les exigences environnementales redessinent les règles du commerce international du cacao, le Cameroun entend faire entendre sa voix. Réunis à Yaoundé dans le cadre de la première édition des « Cocoa Days », décideurs publics, partenaires techniques, industriels et représentants de la filière ont engagé une réflexion de fond sur l’avenir du cacao camerounais et les conditions d’une croissance durable plus équitable.

La rencontre, ouverte à l’hôtel Mont Fébé sous la présidence du ministre du Commerce, Luc Magloire Mbarga Atangana, a rassemblé plusieurs membres du gouvernement, des représentants de l’Union européenne, des institutions internationales ainsi que de grandes entreprises intervenant dans l’industrie chocolatière mondiale.

Au-delà du caractère technique des travaux, l’événement marque une nouvelle étape dans le dialogue engagé depuis plusieurs années entre le Cameroun et ses partenaires autour des enjeux de durabilité. L’objectif est de préparer la filière nationale aux nouvelles normes internationales tout en préservant les intérêts économiques des milliers de producteurs qui vivent de cette culture.

Le cacao demeure l’un des piliers de l’économie agricole camerounaise et une source majeure de devises pour le pays. Toutefois, malgré les réformes engagées et l’évolution du marché mondial, les producteurs continuent de faire face à de nombreuses difficultés, notamment la faiblesse de leurs revenus et les fluctuations parfois brutales des prix internationaux.

C’est précisément sur cette question que le ministre du Commerce a concentré l’essentiel de son intervention. Devant les différents acteurs réunis à Yaoundé, il a rappelé que la création de valeur au sein de la chaîne cacaoyère reste encore largement déséquilibrée, les producteurs étant souvent les premiers exposés aux risques économiques sans bénéficier pleinement des retombées financières générées par le secteur.

Pour les autorités camerounaises, la transition vers une production plus durable ne peut être envisagée sans une amélioration tangible des conditions de vie des planteurs. Si la protection des forêts et la lutte contre la déforestation constituent des impératifs reconnus, elles ne doivent pas se traduire par un alourdissement des contraintes supportées exclusivement par les producteurs.

Cette préoccupation intervient dans un contexte marqué par l’entrée en vigueur progressive des nouvelles réglementations européennes relatives à la traçabilité et à la lutte contre la déforestation. Des mesures auxquelles le Cameroun s’est engagé à se conformer, tout en appelant à une meilleure prise en compte des réalités économiques des exploitants agricoles.

Les partenaires internationaux présents ont, pour leur part, réaffirmé leur volonté d’accompagner le pays dans cette transformation. L’Union européenne, notamment, a salué les efforts entrepris pour moderniser la filière et renforcer sa compétitivité tout en respectant les objectifs environnementaux.

Durant trois jours, les participants examineront plusieurs thématiques majeures, parmi lesquelles la rémunération des producteurs, la transparence des marchés, la traçabilité, la préservation des ressources forestières et le développement d’une chaîne de valeur plus inclusive.

Au terme de ces échanges, les différents acteurs espèrent dégager des pistes d’action concrètes capables de renforcer la position du cacao camerounais sur les marchés internationaux tout en garantissant une meilleure répartition des bénéfices au profit des producteurs.

À travers cette initiative, le Cameroun entend promouvoir un modèle dans lequel performance économique, responsabilité environnementale et justice sociale avancent de concert. Une ambition qui pourrait contribuer à redéfinir les contours de la filière cacaoyère nationale dans les années à venir.

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