Le ministre des Petites et moyennes entreprises, de l’Économie sociale et de l’Artisanat, Achille Bassilekin III, a reçu en audience Sheikh Mohammed Belal, ambassadeur et directeur général du Fonds commun pour les produits de base (FCPB). Les échanges ont porté sur les mécanismes de financement des entreprises, la transformation locale des matières premières et le renforcement des capacités des coopératives.
Le Cameroun entend diversifier les sources de financement accessibles aux petites et moyennes entreprises (PME) afin de renforcer leur contribution à la croissance économique. C’est dans cette perspective que le ministre des Petites et moyennes entreprises, de l’Économie sociale et de l’Artisanat (MINPMEESA), Achille Bassilekin III, a échangé avec Sheikh Mohammed Belal, ambassadeur et directeur général du Fonds commun pour les produits de base (FCPB), à l’occasion d’une audience consacrée au développement de leur coopération.
Cette rencontre s’inscrit dans le cadre de la visite de travail effectuée au Cameroun par le responsable de cette institution financière intergouvernementale du 4 au 8 octobre 2026. Elle traduit la volonté des deux parties d’identifier des solutions concrètes pour faciliter l’accès des entreprises nationales aux ressources financières et soutenir les activités économiques liées à la production, à la transformation et à la commercialisation des produits de base.
Le financement au cœur des discussions
L’un des principaux enjeux de cette concertation concerne l’amélioration des conditions d’accès des PME camerounaises aux mécanismes de financement proposés par le FCPB. Pour de nombreuses entreprises, particulièrement celles intervenant dans les filières agricoles et agroalimentaires, la disponibilité des ressources financières demeure essentielle à l’acquisition des équipements, à l’augmentation des capacités de production et à la conquête de nouveaux marchés.
Dans cette optique, les discussions ont notamment porté sur la possibilité de mettre en place un programme de financement destiné aux coopératives et aux entreprises spécialisées dans la transformation des matières premières. Ce dispositif pourrait contribuer à couvrir plusieurs besoins, parmi lesquels l’achat de matériels de production, la constitution de stocks, la commercialisation des produits et le financement du fonds de roulement.
L’objectif est de permettre aux entreprises concernées de disposer des moyens nécessaires pour développer leurs activités, améliorer leur productivité et consolider leur présence sur les marchés. La concrétisation de cette initiative dépendra toutefois des modalités de financement et des mécanismes de partenariat qui seront définis par les parties.
Valoriser les matières premières grâce à la transformation locale
Au-delà de la question du financement, le renforcement des chaînes de valeur constitue un autre axe majeur de cette coopération. Le Cameroun dispose de plusieurs filières agricoles, agroalimentaires et forestières présentant des possibilités de transformation et de commercialisation à plus forte valeur ajoutée.
Le développement de ces activités pourrait permettre aux entreprises locales de dépasser la simple production ou la vente de matières premières brutes, en investissant davantage dans leur transformation. Une telle orientation favoriserait la création de nouveaux débouchés, l’amélioration des revenus des producteurs et le développement d’activités génératrices d’emplois.
Une attention particulière est également accordée à l’intégration des petits producteurs dans les circuits économiques. Leur rapprochement avec les coopératives, les entreprises de transformation et les réseaux de commercialisation pourrait contribuer à améliorer l’écoulement de leurs productions et à renforcer leur participation à la création de richesse.
Pour atteindre ces objectifs, l’accompagnement des PME ne saurait se limiter à la mise à disposition de ressources financières. Il implique également un renforcement des compétences techniques et organisationnelles des bénéficiaires.
Un accompagnement technique pour améliorer la compétitivité
Les échanges entre le MINPMEESA et le FCPB ont ainsi abordé les perspectives d’appui aux PME et aux coopératives dans plusieurs domaines, notamment la gestion, la gouvernance, la certification et l’accès aux marchés.
Ces aspects sont déterminants pour la pérennité des entreprises et leur capacité à répondre aux exigences des partenaires commerciaux. Une meilleure organisation interne, des pratiques de gestion adaptées et le respect des normes de qualité peuvent notamment faciliter l’accès aux débouchés nationaux et internationaux.
L’accompagnement envisagé vise donc à renforcer simultanément les capacités financières et opérationnelles des entreprises. Il s’agit de créer des conditions favorables à l’émergence d’un tissu entrepreneurial capable de transformer davantage de matières premières sur place, de proposer des produits compétitifs et de participer durablement au développement économique.
Vers un partenariat structuré sur plusieurs années
Au terme des discussions, les deux parties entendent explorer la mise en place d’un cadre de coopération institutionnelle reposant sur une feuille de route et un portefeuille pluriannuel de projets. Cette démarche permettrait de mieux organiser les interventions envisagées, de définir les priorités et de rechercher les ressources nécessaires à leur mise en œuvre.
Pour le Cameroun, l’enjeu consiste à mobiliser des partenaires capables de soutenir les initiatives entrepreneuriales, en particulier dans les secteurs où la transformation locale peut générer davantage de valeur ajoutée et d’emplois.
Cette démarche s’inscrit dans les missions du MINPMEESA, qui entend promouvoir le développement des PME et de l’économie sociale, tout en favorisant l’émergence d’entreprises plus solides et mieux préparées aux exigences du marché.
Si les pistes évoquées lors de cette audience se traduisent en programmes opérationnels, elles pourraient ouvrir de nouvelles perspectives aux entreprises et aux coopératives camerounaises. La mobilisation des financements, le renforcement des compétences et la structuration des chaînes de valeur apparaissent ainsi comme des leviers complémentaires pour accroître la compétitivité des PME et soutenir la transformation économique du pays.

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