Yaoundé : le Commonwealth renforce les capacités des administrations contre les risques de corruption

La question de l’intégrité au sein du service public était au centre des échanges, mardi 29 septembre 2026, à Yaoundé. La résidence du Haut-Commissaire du Royaume-Uni a accueilli un atelier consacré au renforcement des capacités des administrations camerounaises autour des valeurs et principes promus par le Commonwealth.

La rencontre a rassemblé des représentants de plus d’une dizaine de départements ministériels ainsi que plusieurs institutions intervenant dans la prévention et la lutte contre la corruption. La présence du vice-président de la Commission nationale anti-corruption (CONAC) a notamment traduit l’importance accordée à cette problématique dans le fonctionnement de l’administration publique.

L’objectif de la session était de dépasser le simple rappel des principes éthiques pour fournir aux responsables publics des outils susceptibles d’être intégrés dans leurs pratiques professionnelles. Il s’agissait notamment de mieux identifier les facteurs de vulnérabilité des institutions, d’évaluer les risques liés aux manquements à l’intégrité et de renforcer les mécanismes internes de prévention.

Des administrations appelées à renforcer leurs mécanismes internes

Parmi les administrations représentées figurait la Direction générale des Douanes. Cette institution, dont les missions touchent notamment à la mobilisation des recettes publiques, au contrôle des échanges commerciaux et à la lutte contre la fraude, était représentée par Séraphin Bello, chef de l’Inspection des services des Douanes, et Oumarou Kote, expert accrédité de l’Organisation mondiale des Douanes (OMD) en matière de développement de l’intégrité.

Leur participation a permis d’inscrire les échanges dans les réalités opérationnelles auxquelles sont confrontées les administrations chargées du contrôle et de la gestion des ressources publiques. Dans ces secteurs particulièrement exposés aux risques de fraude ou de conflits d’intérêts, la mise en place de dispositifs préventifs constitue un volet important de la gouvernance administrative.

L’atelier a ainsi privilégié une approche pratique, destinée à aider les participants à intégrer davantage les principes de transparence, de responsabilité et de redevabilité dans leurs structures respectives.

Deux axes pour passer des principes à la pratique

Les travaux, conduits par Stephen Asek, Senior Political Advisor auprès du Haut-Commissariat britannique, se sont articulés autour de deux principaux modules.

Le premier portait sur les outils permettant de mesurer et de renforcer l’intégrité institutionnelle. Les participants ont été sensibilisés à différentes méthodes d’identification et d’évaluation des risques, ainsi qu’aux mécanismes pouvant favoriser l’adoption de normes éthiques au sein des administrations.

Le second module s’est intéressé à la prévention des défaillances institutionnelles par la promotion de l’intégrité. L’approche retenue repose sur l’idée que la solidité d’une institution dépend également de sa capacité à prévenir les comportements susceptibles d’affaiblir son fonctionnement, plutôt que d’intervenir uniquement après la survenue des dysfonctionnements.

L’intégrité comme outil de performance publique

Au-delà de la lutte contre la corruption, les échanges ont replacé l’intégrité dans une problématique plus large : celle de la qualité et de l’efficacité de l’action publique. Pour les participants, la transparence, la responsabilité des gestionnaires et le respect des règles constituent des éléments qui peuvent contribuer à renforcer la confiance dans les institutions.

Cette rencontre s’inscrit ainsi dans une démarche de partage d’expériences et de renforcement des compétences des administrations camerounaises. En mettant à disposition des responsables publics des instruments consacrés à l’intégrité institutionnelle, le Commonwealth entend favoriser l’appropriation de pratiques susceptibles de consolider la gouvernance publique.

À terme, l’enjeu consiste à faire de ces principes des mécanismes concrets de gestion quotidienne, capables d’accompagner les administrations dans la prévention des risques, l’amélioration de leurs pratiques et le renforcement de leur crédibilité auprès des citoyens.

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