Maroua : les autorités redéfinissent les priorités sécuritaires dans l’Extrême-Nord

La situation sécuritaire dans l’Extrême-Nord a fait l’objet d’un nouvel examen au plus haut niveau gouvernemental. Réunis à Maroua le mardi 29 septembre 2026, le ministre délégué à la Présidence chargé de la Défense, Joseph Beti Assomo, et le ministre de l’Administration territoriale, Paul Atanga Nji, ont tenu une séance de travail consacrée à l’évaluation du dispositif de sécurité dans la région et aux mesures à renforcer face aux défis persistants.

Cette rencontre, organisée dans la salle de conférences des services du Gouverneur, est intervenue au terme d’une mission conjointe effectuée par les deux membres du gouvernement sur le terrain. Elle a permis de réunir autour de la même table les responsables administratifs, militaires et judiciaires directement impliqués dans la gestion de la sécurité et de la stabilité dans cette partie du pays.

Une lecture commune de la situation sur le terrain

La réunion a rassemblé le haut commandement militaire, plusieurs officiers généraux, le Gouverneur de la région de l’Extrême-Nord, le Procureur général, des responsables des services déconcentrés, le maire de Maroua ainsi que les préfets des six départements de la région : le Logone-et-Chari, le Mayo-Sava, le Mayo-Tsanaga, le Mayo-Kani, le Mayo-Danay et le Diamaré.

Cette configuration traduit la volonté de rapprocher davantage les différents maillons de la chaîne de sécurité. Pour les autorités, la gestion des menaces dans une région aussi vaste nécessite en effet une circulation efficace de l’information, une meilleure complémentarité entre services et une utilisation coordonnée des ressources disponibles.

Les échanges ont notamment porté sur l’évolution de la situation sécuritaire dans les différents départements et sur les moyens susceptibles d’améliorer la capacité d’anticipation et de réaction des forces engagées sur le terrain.

Les comités de vigilance au cœur du dispositif

Au-delà du rôle des Forces de Défense et de Sécurité, la réunion a également insisté sur la contribution des populations à la prévention des menaces. La remobilisation des comités de vigilance figure ainsi parmi les principales orientations retenues au cours des travaux.

Ces structures communautaires constituent un relais entre les populations et les autorités, notamment pour la remontée d’informations susceptibles d’aider à prévenir ou à détecter certaines menaces. Leur implication doit toutefois s’inscrire dans un cadre coordonné avec les forces régulières afin de renforcer l’efficacité globale du dispositif sécuritaire.

Le ministre Paul Atanga Nji a, à cette occasion, mis en avant le rôle joué par les Forces de Défense lors de la remise, la veille à Waza, de l’assistance spéciale destinée aux personnes déplacées internes. Cette opération humanitaire avait nécessité un important accompagnement logistique et sécuritaire.

Mutualiser les moyens pour mieux sécuriser le bassin du Lac Tchad

De son côté, Joseph Beti Assomo a appelé à une utilisation concertée des moyens humains et matériels mobilisés dans la région. L’objectif affiché est d’éviter la dispersion des ressources et de renforcer leur complémentarité sur les différents axes d’intervention.

Le ministre délégué à la Présidence chargé de la Défense a également réaffirmé la volonté des pouvoirs publics de poursuivre les efforts de sécurisation du bassin du Lac Tchad. Cette orientation implique une coordination constante entre le commandement militaire, les autorités administratives et les autres acteurs intervenant dans la protection des populations.

La réunion de Maroua apparaît ainsi comme un cadre destiné à harmoniser les stratégies et à adapter le dispositif aux réalités observées sur le terrain.

L’assistance aux populations déplacées appelée à s’élargir

La dimension humanitaire a également occupé une place importante dans les échanges. À la suite de la distribution de l’aide présidentielle aux personnes déplacées internes à Waza, Joseph Beti Assomo a demandé au Gouverneur de préparer un calendrier permettant d’envisager l’extension de cette assistance à d’autres départements de la région.

Cette instruction repose sur le constat que les bénéficiaires de Waza ne constituent qu’une partie des populations confrontées aux conséquences des déplacements liés à l’insécurité. L’élargissement du soutien vise donc à prendre en compte d’autres communautés vulnérables présentes dans les zones affectées.

À travers cette approche combinant sécurité, administration territoriale et accompagnement des populations, les autorités entendent renforcer la réponse publique dans l’Extrême-Nord.

Une coordination appelée à se poursuivre

La réunion de Maroua aura finalement permis de fixer plusieurs priorités : améliorer la coordination des acteurs, optimiser les moyens disponibles, redynamiser les comités de vigilance et poursuivre l’accompagnement des populations déplacées.

La présence simultanée des responsables administratifs, militaires et judiciaires souligne également la nécessité d’une réponse globale aux enjeux auxquels la région est confrontée. Au terme de cette séance de travail, la délégation gouvernementale a quitté Maroua dans l’après-midi pour regagner Yaoundé, après cette mission consacrée à l’évaluation et au renforcement du dispositif sécuritaire régional.

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