Le Cameroun entend redonner un nouvel élan à sa production rizicole et réduire sa dépendance aux importations. Cette ambition a été au cœur de l’audience accordée, le 10 septembre 2026 à Yaoundé, par la ministre de la Recherche scientifique et de l’Innovation (MINRESI), Dr Madeleine Tchuinte, au directeur général du Centre du riz pour l’Afrique (AfricaRice), Dr Baboucarr Manneh, accompagné d’une importante délégation composée de responsables administratifs et d’experts techniques de l’institution panafricaine.
Cette rencontre s’inscrivait dans le cadre d’une mission de travail menée par AfricaRice au Cameroun. Les discussions ont principalement porté sur les perspectives de modernisation et de développement de la filière rizicole nationale, avec pour objectif de faire du Cameroun un acteur de référence dans la production de riz en Afrique centrale, voire sur l’ensemble du continent.
Face à une demande nationale en constante progression, les autorités camerounaises souhaitent renforcer les capacités de production locale afin de limiter le recours aux importations, qui continuent de peser sur la balance commerciale du pays. Dans cette dynamique, les échanges ont mis en lumière l’importance d’une coopération plus étroite entre AfricaRice et l’Institut de recherche agricole pour le développement (IRAD), principal bras scientifique du Cameroun dans le domaine agricole.
L’un des axes majeurs évoqués au cours de l’audience concerne la relance du partenariat stratégique entre les deux institutions, notamment dans le secteur de la production de semences améliorées. Pour la ministre Madeleine Tchuinte, les acquis enregistrés par la recherche nationale constituent une base solide sur laquelle il convient désormais de bâtir une nouvelle phase de développement. Elle a ainsi insisté sur la nécessité d’aller vers des générations de semences encore plus performantes, capables de répondre aux défis de productivité, de qualité et de compétitivité.
Les performances de l’IRAD dans le domaine rizicole ont d’ailleurs été largement mises en avant. Selon le directeur général adjoint de l’institut, Dr Francis Ngome, les chercheurs camerounais ont développé une vingtaine de variétés de riz adaptées à trois grandes zones agroécologiques du pays. Ces travaux ont permis de proposer des solutions répondant aux spécificités climatiques et environnementales des différents bassins de production.
Au-delà de l’amélioration variétale, les recherches menées par l’IRAD se sont également orientées vers la transformation du riz et la valorisation de ses sous-produits. L’objectif est de renforcer la compétitivité du riz camerounais sur le marché tout en développant une véritable chaîne de valeur autour de cette céréale. Les déchets issus de la production rizicole font ainsi l’objet d’innovations destinées à leur réutilisation dans plusieurs domaines, notamment la culture de champignons comestibles, la fabrication d’engrais organiques ou encore la production de briquettes énergétiques.
Pour les responsables d’AfricaRice, ces avancées démontrent le potentiel important dont dispose le Cameroun pour accroître sa production et améliorer sa souveraineté alimentaire. Institution de référence dans la recherche rizicole en Afrique, AfricaRice accompagne depuis plusieurs décennies les États africains dans la mise en œuvre de politiques et de programmes visant à améliorer les rendements agricoles, renforcer les capacités des producteurs et garantir la sécurité alimentaire des populations.
Au terme des échanges, un constat s’est dégagé : le développement de la filière rizicole passe nécessairement par une meilleure synergie entre la recherche scientifique, les pouvoirs publics et les partenaires techniques. En plaidant pour une priorité accordée au riz local, le MINRESI entend promouvoir une agriculture plus productive, capable de satisfaire la demande intérieure tout en créant davantage de richesses et d’emplois dans les zones rurales.
Cette rencontre entre le gouvernement camerounais et AfricaRice marque ainsi une nouvelle étape dans la volonté des deux parties de consolider leur collaboration au service d’une filière rizicole plus performante, innovante et durable. L’enjeu est de taille : faire du riz un véritable levier de développement économique et de sécurité alimentaire pour le Cameroun et la sous-région.

Une plume journalistique agréable à lire qui rend compte de la manière la plus fidèle et honnête des évènements quotidiens.
















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