Il y a des certitudes qui claquent comme des vérités… jusqu’au moment où elles se fracassent contre les faits. Et votre sortie, cher Gérard Elle, appartient précisément à cette catégorie : péremptoire dans le ton, mais fragile dans le fond.
Non, on ne décrète pas l’inexistence d’un acteur dans une politique publique simplement parce qu’il ne tient pas le chéquier. Ce serait réduire l’action publique à une simple logique comptable, oubliant au passage tout ce qui fait sa complexité : la coordination, l’impulsion, la structuration des partenariats. Sur ce terrain, votre raisonnement accuse une sérieuse défaillance.
Reprenons donc, calmement mais fermement.
Le 4 août 2022, un partenariat formel est scellé entre le Programme des Nations Unies pour le développement et la Fédération Camerounaise de Football. Ce n’est pas une rumeur, ni une interprétation, mais un acte officiel qui inscrit la FECAFOOT dans le programme « Sport et Développement », avec un objectif clair : doter le pays de dix stades de proximité. Bamenda et Kousseri ne sont pas des anomalies isolées ; ils constituent les premières matérialisations de cette ambition conjointe.
Prétendre que la FECAFOOT n’y joue « aucun rôle », c’est méconnaître — ou feindre d’ignorer — ce qu’est un partenariat stratégique. Dans ce type de montage, chaque acteur intervient selon ses prérogatives : le PNUD mobilise les ressources et l’expertise technique, les communes sécurisent le foncier et facilitent l’implantation, tandis que la fédération, elle, porte la vision sportive, assure l’ancrage institutionnel et participe à la gouvernance du projet. C’est précisément cette articulation qui fonde la co-production de l’action publique.
Vouloir exclure la FECAFOOT au motif qu’elle n’a pas financé directement les infrastructures revient à nier sa qualité de signataire et de partie prenante. C’est une lecture tronquée, pour ne pas dire biaisée, du fonctionnement des projets internationaux.
Plus encore, votre argumentaire trahit une confusion regrettable entre maîtrise d’ouvrage financière et implication institutionnelle. Or, dans les dynamiques contemporaines du développement par le sport, l’influence ne se mesure pas uniquement en francs CFA injectés, mais aussi en capacité à initier, orienter et accompagner des projets structurants.
Il est donc temps de remettre les pendules à l’heure : les stades de Bamenda et de Kousseri ne sont ni l’œuvre exclusive du PNUD, ni celle des seules communes. Ils sont le produit d’un montage partenarial où la FECAFOOT a toute sa place — une place reconnue, formalisée et assumée.
À force de simplifier à l’extrême, on finit par déformer la réalité. Et à force d’assertions catégoriques, on prend le risque de confondre conviction personnelle et vérité factuelle.
Sur des sujets aussi structurants que l’action publique sportive, la rigueur n’est pas une option. Elle est une exigence.

Victor Bosco Kelbakal dirige la publication de L’œil Républicain avec la rigueur qu’impose le traitement de l’actualité institutionnelle et sociale. Journaliste d’investigation reconnu pour son analyse factuelle des enjeux publics, il coordonne une ligne éditoriale centrée sur l’éthique et la transparence. Son expertise garantit une information sourcée au service du débat démocratique. Sous son impulsion, le titre s’impose comme une référence majeure de la presse écrite nationale.












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