Face à la multiplication des crises géopolitiques, économiques, climatiques et technologiques qui redessinent l’économie mondiale, le Cameroun entend renforcer sa capacité de résistance tout en consolidant ses partenariats internationaux. C’est le message porté par la délégation camerounaise lors de la Table ronde sur les centres financiers de Londres, organisée le 9 septembre 2026 au Guildhall par le Commonwealth Enterprise and Investment Council (CWEIC).
Cette rencontre a réuni des responsables gouvernementaux, des experts de la finance et des dirigeants d’entreprises venus de plusieurs pays membres du Commonwealth afin d’examiner les mécanismes permettant de bâtir des économies plus robustes dans un environnement mondial marqué par l’incertitude.
La résilience au cœur des débats
Au fil des échanges, les participants ont dressé le constat d’un monde confronté à des défis de plus en plus complexes. Les tensions géopolitiques, les perturbations des chaînes d’approvisionnement, les conséquences du changement climatique ainsi que les mutations technologiques obligent désormais les États à repenser leurs modèles de développement.
Dans ce contexte, plusieurs intervenants ont insisté sur la nécessité de renforcer les institutions publiques, de diversifier les économies nationales et de sécuriser les secteurs stratégiques tels que l’énergie, l’alimentation ou encore les infrastructures. La coopération internationale et l’accès à des financements adaptés ont également été identifiés comme des leviers essentiels pour accompagner cette transformation.
Le Cameroun met en avant son expérience face aux crises
Prenant la parole au nom du gouvernement camerounais, le Ministre délégué auprès du Ministre de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du Territoire, Paul Tasong, a présenté les réponses apportées par le pays face aux différents chocs qui ont marqué ces dernières années.
Il a notamment évoqué les répercussions de la pandémie de Covid-19, les effets économiques du conflit russo-ukrainien ainsi que les défis sécuritaires auxquels le Cameroun a dû faire face. Selon lui, ces situations ont conduit les autorités à renforcer les politiques de substitution aux importations, à encourager la production nationale et à accorder une attention particulière à la sécurité alimentaire.
Pour le responsable gouvernemental, la paix et la stabilité demeurent les fondements indispensables à toute stratégie de développement durable et à l’attraction des investissements.
Le financement climatique, un enjeu majeur pour les collectivités
Le Directeur général du Fonds spécial d’équipement et d’intervention intercommunale (FEICOM) a pour sa part insisté sur l’importance du financement climatique dans la réalisation des projets de développement local.
Face à l’augmentation des risques environnementaux, les collectivités territoriales ont besoin de ressources financières suffisantes pour construire des infrastructures capables de résister aux effets du changement climatique tout en répondant aux besoins croissants des populations.
Le FEICOM considère ainsi que l’accès à des mécanismes innovants de financement constitue une condition essentielle pour accélérer le développement urbain et rural dans un contexte de transition écologique.
Le Commonwealth comme levier d’opportunités
Le Ministre délégué auprès du Ministre des Relations extérieures chargé de la Coopération avec le Commonwealth, Félix Mbayu, a quant à lui mis en avant les avantages qu’offre l’espace Commonwealth aux économies membres.
Selon lui, cette plateforme constitue un cadre privilégié pour favoriser les échanges commerciaux, attirer les investisseurs et développer de nouveaux partenariats d’affaires. Il a également souligné le rôle des normes internationales dans le renforcement de la confiance des partenaires économiques.
À cet effet, il a cité la certification ISO obtenue par le FEICOM comme illustration des efforts entrepris par les institutions camerounaises pour améliorer leur gouvernance et leur crédibilité auprès des acteurs financiers internationaux.
Une stratégie tournée vers l’avenir
Au terme des discussions, la position du Cameroun s’est articulée autour d’une vision claire : renforcer les capacités nationales tout en s’appuyant sur les opportunités offertes par la coopération internationale.
Pour Yaoundé, la résilience économique ne repose pas uniquement sur les ressources internes. Elle passe également par le développement de partenariats solides, l’accès aux financements internationaux, le respect des standards mondiaux et l’intégration dans des réseaux économiques capables de soutenir la croissance à long terme.
Dans un monde en constante mutation, le Cameroun affiche ainsi sa volonté de conjuguer réformes internes et ouverture internationale afin de mieux anticiper les crises futures et construire un modèle de développement plus durable, inclusif et compétitif.

Une plume journalistique agréable à lire qui rend compte de la manière la plus fidèle et honnête des évènements quotidiens.
















Leave a Reply