Face à la progression persistante de la fraude commerciale et de la contrebande dans les régions côtières du Cameroun, l’Administration des Douanes intensifie ses actions de prévention et de mobilisation des acteurs économiques. C’est dans cette dynamique qu’une importante séance d’échanges et de sensibilisation s’est tenue le 4 septembre 2026 à Kribi, réunissant responsables douaniers, commerçants, transitaires et importateurs autour des enjeux liés au commerce illégal des boissons et des produits surgelés.
Organisée dans la salle de conférences de la Tour MIOD, cette rencontre s’inscrit dans le cadre d’une campagne nationale visant à renforcer la lutte contre les réseaux de fraude qui affectent aussi bien les recettes publiques que l’activité économique légale. Les localités de Kribi et Campo, en raison de leur position stratégique dans les échanges commerciaux transfrontaliers, figurent parmi les zones prioritaires de cette opération.
Présidant les travaux, le Commandant Ekolle Félix a dressé un constat préoccupant de la situation. Selon lui, la circulation de marchandises introduites en dehors des circuits réglementaires constitue une menace grandissante pour l’économie nationale. Cette pratique fragilise les entreprises respectueuses des obligations fiscales, réduit les ressources mobilisées par l’État et favorise le développement d’un marché parallèle difficile à contrôler.
Au-delà de l’impact économique, les responsables douaniers ont insisté sur les conséquences sanitaires liées à la commercialisation de produits dont l’origine, les conditions de transport ou de conservation ne répondent pas aux normes en vigueur. Les boissons de provenance douteuse ainsi que certains produits surgelés introduits clandestinement sur le marché exposent les consommateurs à des risques importants pour leur santé.
Dans son intervention, Armelle Assengue, Chef du Secteur des Douanes du Sud II, a rappelé que l’action douanière ne se limite pas à la répression. Elle a souligné la volonté de l’administration d’accompagner les opérateurs économiques dans leur mise en conformité avec la réglementation, afin de favoriser un environnement commercial plus sain et plus compétitif. Selon elle, la sensibilisation constitue une étape essentielle pour permettre aux acteurs du secteur de mieux comprendre leurs obligations et d’éviter les infractions susceptibles d’entraîner des sanctions.
Les échanges ont également permis aux représentants du secteur privé d’exprimer leurs préoccupations. Plusieurs participants ont reconnu que la fraude et la contrebande créent une distorsion de concurrence au détriment des entreprises qui s’acquittent régulièrement de leurs obligations douanières et fiscales. Ils ont toutefois salué l’approche adoptée par les Douanes, qui privilégie le dialogue et l’information avant le renforcement des contrôles.
Les commerçants de Campo ont notamment apprécié la démarche pédagogique engagée par l’administration. Ils ont souligné l’importance de mieux informer les acteurs économiques sur les procédures légales d’importation, les mécanismes de distribution autorisés ainsi que les exigences relatives à l’estampillage fiscal des boissons. Pour eux, cette approche favorise une meilleure adhésion aux réformes et réduit les risques d’infractions involontaires.
Du côté des professionnels du transit et de la logistique opérant autour du Port de Kribi, l’accent a été mis sur la nécessité de préserver un climat d’affaires équitable. Les intervenants ont estimé que la prolifération des circuits clandestins compromet les efforts de développement économique engagés autour de cette infrastructure portuaire stratégique, appelée à jouer un rôle majeur dans les échanges commerciaux de la sous-région.
Les discussions ont débouché sur plusieurs engagements concrets. Les participants ont convenu de renforcer leur collaboration avec les services douaniers, notamment à travers le partage d’informations susceptibles de faciliter l’identification des réseaux de contrebande. Ils se sont également engagés à promouvoir des pratiques commerciales conformes à la réglementation et à assainir progressivement leurs circuits d’approvisionnement.
Au terme des travaux, les responsables douaniers se sont félicités de la qualité des échanges et de la disponibilité manifestée par les opérateurs économiques. Pour les organisateurs, la lutte contre la fraude ne pourra produire des résultats durables qu’à travers une coopération étroite entre l’administration et le secteur privé.
Cette rencontre de Kribi marque ainsi une nouvelle étape dans la stratégie de prévention et de sécurisation du commerce mise en œuvre par les Douanes camerounaises. En privilégiant le dialogue, la sensibilisation et la responsabilisation des acteurs économiques, l’administration entend bâtir un front commun capable de réduire significativement les activités illicites et de protéger à la fois l’économie nationale et les consommateurs.

Une plume journalistique agréable à lire qui rend compte de la manière la plus fidèle et honnête des évènements quotidiens.
















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