Le Cameroun franchit une nouvelle étape dans sa politique de préservation de l’environnement. Un important projet de restauration des écosystèmes et de gestion durable des paysages vient de recevoir l’aval du Fonds pour l’Environnement Mondial (FEM), ouvrant la voie à des actions concrètes dans les régions de l’Ouest et du Centre.
L’initiative, qui sera mise en œuvre sur une période de trois ans, vise à renforcer la résilience des populations locales tout en inversant la dégradation progressive des ressources naturelles observée dans plusieurs zones stratégiques du pays. Elle repose sur une approche intégrée associant protection de la biodiversité, restauration des terres dégradées et promotion d’activités économiques respectueuses de l’environnement.
Deux grands paysages ont été retenus dans le cadre de ce programme. Le premier concerne les Hautes Terres de l’Ouest, un massif écologique d’environ 350 000 hectares caractérisé par ses forêts de montagne. Cet espace fait face depuis plusieurs années à une pression croissante liée notamment à l’expansion des activités humaines, entraînant une réduction significative du couvert forestier.
Le second site d’intervention est le paysage de Mpem-Djim, dans la région du Centre. S’étendant sur près de 542 000 hectares, il englobe le Parc national de Mpem-Djim, refuge de nombreuses espèces fauniques parmi lesquelles les éléphants de forêt et les chimpanzés. La préservation de cet écosystème dépend largement d’une gestion durable des terres et des ressources naturelles environnantes.
Selon les projections, le projet permettra la restauration de 10 000 hectares de terres dégradées et l’amélioration des pratiques de gestion sur près de 100 000 hectares supplémentaires. Les actions envisagées devraient également contribuer à réduire les émissions de gaz à effet de serre à hauteur de 5,7 millions de tonnes équivalent CO₂ sur une période de vingt ans.
Au-delà des enjeux environnementaux, le programme entend générer des retombées socioéconomiques significatives. Environ 5 000 personnes devraient bénéficier directement des activités prévues, dont une forte proportion de femmes ainsi que plusieurs centaines de membres des communautés autochtones. L’accent sera notamment mis sur le développement d’activités génératrices de revenus fondées sur la valorisation durable des ressources naturelles.
La dernière étape avant le démarrage effectif du projet a été franchie mardi à Yaoundé avec la tenue de l’atelier de validation du Document de Projet (ProDoc). Les travaux ont été présidés par le ministre de l’Environnement, de la Protection de la Nature et du Développement durable, Pierre Hélé, en présence du ministre délégué auprès du même département ministériel ainsi que du représentant du Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE), partenaire technique de l’initiative.
Administrations sectorielles, experts, consultants et représentants de la société civile ont examiné les différentes composantes du document afin d’en consolider les orientations stratégiques. Cette étape doit permettre la finalisation du dossier avant sa transmission au Système des Nations Unies pour les procédures de validation définitive.
À terme, les autorités camerounaises espèrent faire de ce programme un levier majeur de restauration écologique, de conservation de la biodiversité et de développement durable au profit des communautés vivant au cœur ou à proximité de ces paysages naturels d’importance nationale.

Une plume journalistique agréable à lire qui rend compte de la manière la plus fidèle et honnête des évènements quotidiens.
















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