MINESEC : des enseignants déclarés morts sommés de prouver qu’ils sont toujours en vie

Une situation pour le moins insolite secoue actuellement le Ministère des Enseignements Secondaires (MINESEC). À la suite de l’opération nationale de recensement biométrique et physique menée entre mars et mai 2026, plusieurs personnels ont été répertoriés comme décédés dans les fichiers administratifs alors qu’ils seraient bel et bien vivants. Cette anomalie met en lumière les défis liés à l’assainissement du fichier du personnel et à la fiabilité des données administratives.

Dans un communiqué signé le 15 juin 2026 par le Secrétariat général du ministère, la hiérarchie éducative invite les agents concernés à se présenter dans un délai de quatorze jours auprès de la Direction des Ressources Humaines, précisément à la porte 507 bis du département ministériel. L’objectif est de régulariser leur situation administrative et de lever toute ambiguïté sur leur statut réel.

Les personnels figurant sur cette liste devront produire un certificat de vie, une pièce d’identité en cours de validité, une preuve de présence effective à leur poste ainsi qu’une fiche de recensement. Parmi les agents concernés figurent des enseignants, personnels administratifs et autres agents exerçant dans plusieurs établissements secondaires répartis sur l’ensemble du territoire national, notamment dans les régions de l’Extrême-Nord, de l’Adamaoua, du Centre, du Sud et de l’Est.

Cette démarche s’inscrit dans le vaste processus de recensement biométrique lancé par le MINESEC afin de disposer d’une cartographie exacte de ses effectifs et d’assainir durablement le fichier solde. L’opération vise notamment à identifier les irrégularités administratives, les doublons éventuels, les agents absents de longue durée ou encore les situations pouvant entraîner des paiements indus sur le budget de l’État.

Depuis le début de l’année 2026, le ministère multiplie les communiqués relatifs à cette campagne de recensement, invitant les personnels à se faire enregistrer et à mettre à jour leurs informations administratives. Une ultime phase de rattrapage avait même été organisée pour les agents n’ayant pas pu se faire recenser dans les délais prescrits.

Au-delà du caractère surprenant de cette affaire, l’épisode révèle l’importance du contrôle des données administratives dans la gestion des ressources humaines de l’État. La présence d’agents déclarés décédés alors qu’ils poursuivent leurs activités professionnelles témoigne soit d’erreurs dans la remontée des informations, soit de dysfonctionnements dans certaines procédures de suivi du personnel.

Le MINESEC appelle ainsi l’ensemble de ses agents à consulter régulièrement les communiqués publiés sur son portail officiel afin de vérifier l’exactitude des informations les concernant et d’éviter toute conséquence administrative pouvant aller jusqu’à la suspension de la rémunération pour les situations non clarifiées.

Cette opération de vérification devrait permettre au ministère de disposer, à terme, d’un fichier du personnel plus fiable et mieux sécurisé, condition essentielle pour une gestion efficace des carrières et des finances publiques dans le secteur de l’éducation.

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