Afrique du Sud : expulsion des Africains, Thuthukile Zuma s’oppose !

Le 12 juin 2026, Thuthukile Zuma, figure politique et fille de l’ancien président sud-africain Jacob Zuma, a déclenché une vive polémique nationale. En affirmant qu’« aucun Africain n’est illégal en Afrique », elle a ravivé le débat sur l’immigration dans un pays actuellement en proie à de fortes tensions xénophobes.

À 37 ans, la plus jeune fille de Jacob Zuma et de Nkosazana Dlamini-Zuma a choisi son compte X (Twitter) pour diffuser un message à contre-courant de l’opinion publique majoritaire :

« No African is illegal in Africa. » (Aucun Africain n’est illégal en Afrique.) un tweet qui ébranle la scène politique.

Pour la militante, les migrants africains peuvent être « sans-papiers », mais ne devraient jamais être qualifiés d’« illégaux ». Selon elle, focaliser le débat sur la présence des étrangers occulte les vrais problèmes structurels du pays, tels que le chômage de masse, la pauvreté et les inégalités raciales liées à la propriété foncière.

Un désaccord familial et politique majeur
L’impact de cette déclaration est d’autant plus fort qu’elle s’oppose frontalement à la ligne politique de son propre père. Jacob Zuma, aujourd’hui à la tête du parti d’opposition Mkhonto weSizwe (MK), soutient activement les récentes manifestations anti-immigration, accusant la concurrence étrangère de pénaliser les commerçants locaux.

Fidèle à l’ANC (le parti au pouvoir que son père a quitté), Thuthukile Zuma incarne ainsi une fracture idéologique majeure au sein de l’une des familles les plus influentes de la politique sud-africaine.

Entre colère populaire et soutien panafricain
Dans un contexte social à fleur de peau, où des milliers de ressortissants malawites ont récemment fui leurs foyers par crainte de violences, la sortie de Thuthukile Zuma a immédiatement embrasé les réseaux sociaux :

Les détracteurs expriment leur colère et dénoncent une déconnexion des réalités économiques. Certains n’hésitent pas à l’attaquer personnellement en rappelant le passé judiciaire et les accusations de corruption qui pèsent sur son père.

Les Panafricanistes, saluent son courage. Ils rappellent que les frontières actuelles sont un héritage colonial et soulignent que de nombreux Sud-Africains ont eux-mêmes été accueillis comme exilés sur le continent pendant l’apartheid. Cette controverse met en lumière le dilemme profond qui traverse la gauche sud-africaine. La ligne nationaliste, prône une protection stricte de l’emploi et des ressources pour les citoyens nationaux. La ligne panafricaine privilégie l’unité continentale et la lutte contre les inégalités économiques globales plutôt que l’expulsion des migrants.

En refusant de s’aligner sur la rhétorique sécuritaire ambiante, Thuthukile Zuma force le pays à se confronter à des questions assez complexes tels : chasser les étrangers résoudra-t-il la crise économique, ou l’Afrique du Sud se trompe-t-elle de cible ? Le débat suscité par cette sortie relancera certainement les réflexions.

Cette crise a également impacté l’équipe d’Afrique du Sud en ouverture de Coupe du Monde de football 2026 où les Bafana Bafana ont déplorer le manque de soutien des frères Africains, une situation bien désolante.

Frida Nolla

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