À l’occasion du 33ᵉ anniversaire de l’Organisation pour l’harmonisation en Afrique du droit des affaires (OHADA), le Cameroun a réitéré sa volonté de renforcer la protection juridique des acteurs économiques, avec un accent particulier sur la reconnaissance du statut de l’entrepreneur. Une orientation portée par le ministère des Petites et Moyennes Entreprises, de l’Économie sociale et de l’Artisanat (MINPMEESA), qui entend faire du cadre juridique un instrument de promotion de l’initiative privée, de formalisation des activités économiques et d’amélioration des conditions de vie des populations.
La célébration de cet anniversaire a été marquée par une cérémonie présidée par le Secrétaire permanent de l’OHADA, le professeur Mayatta Ndiaye MBAYE, en présence du ministre Achille BASSILEKIN III. Cette rencontre a permis de revenir sur la place de l’organisation dans la construction d’un environnement juridique harmonisé, destiné à faciliter les échanges commerciaux, à sécuriser les investissements et à favoriser le développement des entreprises sur le continent africain.
Depuis sa création, l’OHADA s’est donné pour mission de rapprocher les législations des États membres en matière de droit des affaires. L’objectif est notamment de réduire les incertitudes juridiques auxquelles peuvent être confrontés les opérateurs économiques et de proposer des règles communes pour encadrer leurs activités. Dans un contexte marqué par la nécessité de stimuler les investissements et de renforcer la compétitivité des économies africaines, cette harmonisation constitue un enjeu important pour les entreprises, quelle que soit leur taille.
Pour le Cameroun, qui abrite le siège de l’organisation à Yaoundé, cet anniversaire revêt également une dimension particulière. La présence de cette institution sur le territoire national traduit la place du pays dans le dispositif juridique communautaire et son implication dans les efforts visant à promouvoir l’intégration économique africaine. Au-delà de cette dimension institutionnelle, les autorités entendent désormais accentuer les retombées concrètes de cet environnement juridique sur les entrepreneurs et les petites unités de production.
C’est dans cette perspective que s’inscrit la démarche du MINPMEESA en faveur de la consécration du statut de l’entrepreneur au Cameroun. Sous l’impulsion du ministre Achille BASSILEKIN III, cette orientation vise à mieux définir la place de l’entrepreneur dans le tissu économique national, tout en favorisant une meilleure prise en compte de ses activités dans les mécanismes d’accompagnement et de protection.
La question revêt une importance particulière dans un pays où de nombreuses personnes tirent leurs revenus de petites activités commerciales, artisanales ou de services. Une partie de ces initiatives évolue encore en dehors des circuits formels, ce qui peut limiter l’accès de leurs promoteurs aux dispositifs de financement, aux mécanismes de protection et aux opportunités de développement. La reconnaissance du statut de l’entrepreneur apparaît ainsi comme une piste pour mieux intégrer ces acteurs dans l’économie nationale.
Au-delà de la reconnaissance administrative, l’enjeu consiste à créer des conditions permettant aux entrepreneurs de développer leurs activités dans un cadre mieux structuré. Une telle évolution pourrait contribuer à valoriser leur rôle dans la création de richesses, la génération de revenus et la lutte contre le chômage, tout en encourageant progressivement la formalisation des unités économiques. Elle suppose toutefois un cadre adapté aux réalités du terrain, notamment aux capacités financières et organisationnelles des petites entreprises.
Pour le MINPMEESA, cette démarche s’inscrit dans une ambition plus large : faire de l’entrepreneuriat un levier de développement économique et social. La sécurisation juridique des activités, l’amélioration de l’accompagnement des promoteurs et la reconnaissance de leur contribution à l’économie constituent autant de dimensions susceptibles de favoriser la pérennité des initiatives privées. L’objectif est également de permettre aux entrepreneurs de mieux tirer parti des opportunités offertes par un environnement des affaires harmonisé à l’échelle communautaire.
Au cours de la cérémonie, Achille BASSILEKIN III a par ailleurs salué le travail accompli par le Secrétaire permanent de l’OHADA et ses équipes. Il a également exprimé la reconnaissance du Gouvernement camerounais aux partenaires techniques et financiers qui accompagnent l’organisation dans la mise en œuvre de ses missions. Cette coopération demeure un élément important pour soutenir les réformes engagées et consolider les acquis de l’harmonisation du droit des affaires.
À travers cette célébration, le Cameroun réaffirme donc son attachement aux principes qui fondent l’action de l’OHADA, tout en mettant en avant une préoccupation nationale : donner aux entrepreneurs une place mieux définie dans le dispositif économique et juridique. La reconnaissance de leur statut, conjuguée à la modernisation de l’environnement des affaires, pourrait contribuer à rapprocher davantage le droit des réalités économiques et à renforcer les perspectives de croissance des petites et moyennes entreprises.
À 33 ans, l’OHADA demeure ainsi au cœur des réflexions sur la sécurisation des activités économiques en Afrique. Pour le Cameroun, l’enjeu est désormais de traduire les principes de l’harmonisation juridique en mécanismes concrets, accessibles aux entrepreneurs et adaptés aux défis de la formalisation, du financement et de la création d’emplois.

Une plume journalistique agréable à lire qui rend compte de la manière la plus fidèle et honnête des évènements quotidiens.















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