Insertion des jeunes : Le MINHDU veut renforcer l’efficacité des centres d’accompagnement

Face aux difficultés d’accès à l’emploi et aux défis de l’autonomisation économique des jeunes, le ministère de l’Habitat et du Développement urbain (MINHDU) entend renforcer le rôle de ses structures d’accompagnement. Les responsables des treize Centres d’insertion des jeunes (CIJ) du Cameroun se sont retrouvés le jeudi 15 octobre 2026 pour évaluer les résultats obtenus, confronter leurs expériences et définir de nouvelles orientations susceptibles d’améliorer l’insertion socioprofessionnelle des bénéficiaires. Les travaux ont été présidés par le secrétaire général du MINHDU, le professeur Mathurin Nna.

Placée sous le thème « Des Centres d’insertion des jeunes innovants et performants pour une insertion socio-professionnelle durable », cette rencontre nationale a constitué un cadre d’échanges sur les performances des structures existantes et les moyens de rendre leurs interventions plus efficaces. Au-delà du bilan des activités menées, il était question d’identifier les difficultés rencontrées sur le terrain, de valoriser les initiatives concluantes et de proposer des solutions adaptées aux réalités des différentes localités.

Dans un contexte marqué par la recherche de solutions durables au chômage et au sous-emploi des jeunes, les Centres d’insertion des jeunes occupent une place particulière dans le dispositif d’accompagnement social du MINHDU. Ces structures de proximité ont pour mission d’accueillir les jeunes, d’évaluer leurs besoins, de les orienter vers des formations adaptées et de les accompagner dans la recherche d’un emploi ou la création d’une activité génératrice de revenus. Leur action concerne notamment les personnes confrontées à des difficultés sociales ou économiques, pour lesquelles l’accès à une qualification professionnelle et aux opportunités d’emploi demeure souvent complexe.

L’ambition de ces centres ne se limite cependant pas à la transmission de compétences techniques. Ils participent également à la promotion de l’autonomie, à la responsabilisation des jeunes et à leur intégration dans la société. En favorisant l’acquisition de savoir-faire et en encourageant les initiatives individuelles, ils contribuent à créer des conditions plus favorables à l’indépendance économique des bénéficiaires. Leur intervention présente aussi une dimension préventive, particulièrement dans les milieux urbains où les situations de précarité peuvent exposer certains jeunes à la délinquance, à l’alcoolisme ou à la consommation de substances psychoactives.

Les discussions de Yaoundé ont ainsi porté sur plusieurs leviers susceptibles d’améliorer les résultats des CIJ. La formation professionnelle et l’accompagnement vers l’emploi figuraient parmi les principaux sujets abordés. L’enjeu est de proposer des apprentissages qui correspondent davantage aux besoins du marché du travail et aux possibilités économiques propres à chaque environnement. Une formation ne peut en effet produire des résultats durables que si les compétences acquises permettent aux bénéficiaires d’accéder à des débouchés réels, que ce soit dans une entreprise, une organisation ou le cadre d’une activité indépendante.

L’auto-emploi et l’entrepreneuriat ont également occupé une place importante dans les échanges. Pour les jeunes qui ne parviennent pas à intégrer rapidement le marché du travail classique, la création d’une petite entreprise ou le développement d’une activité génératrice de revenus peut constituer une voie d’insertion. Encore faut-il disposer des compétences nécessaires pour élaborer un projet, organiser son activité, gérer ses ressources et assurer sa pérennité. L’accompagnement proposé par les centres est donc appelé à aller au-delà de la formation initiale, en accordant une attention particulière à la maturation des projets et au développement des capacités entrepreneuriales.

La question de l’autonomisation économique des femmes a, elle aussi, été mise en avant. Les échanges ont souligné l’importance de promouvoir le leadership féminin et de renforcer les possibilités offertes aux jeunes femmes pour développer leurs compétences et accéder à des activités rémunératrices. Dans cette perspective, les CIJ sont appelés à favoriser des dispositifs de formation plus accessibles, tout en tenant compte des obstacles particuliers susceptibles de limiter la participation des femmes à la vie économique. L’objectif est de faire de l’insertion professionnelle un instrument de réduction des inégalités et de renforcement de l’inclusion sociale.

Les participants ont par ailleurs examiné la contribution des centres à la prévention de la radicalisation et de l’extrémisme dans les zones confrontées à l’insécurité. L’accès à la formation, l’encadrement social et la perspective d’une autonomie économique peuvent en effet contribuer à réduire certaines vulnérabilités. Dans les territoires concernés, l’accompagnement des jeunes nécessite toutefois des réponses adaptées aux contraintes locales et une meilleure prise en compte des difficultés auxquelles les populations sont confrontées. Cette dimension sécuritaire vient ainsi compléter les missions économiques et sociales des structures d’insertion.

L’innovation et la diversification des offres de formation ont constitué un autre axe de réflexion. Les besoins des jeunes évoluent, tout comme les opportunités professionnelles et les exigences des secteurs d’activité. Pour maintenir leur pertinence, les centres doivent donc pouvoir adapter leurs programmes, explorer de nouveaux domaines de compétences et encourager les initiatives répondant aux réalités de leur environnement. Cette capacité d’adaptation suppose également une amélioration de la gouvernance, du suivi des activités et de l’évaluation des résultats obtenus.

La mini-foire organisée en marge des travaux a permis d’illustrer concrètement le potentiel des Centres d’insertion des jeunes. À travers la présentation de leurs productions, de leurs réalisations et de leurs innovations, les différentes structures ont pu mettre en valeur les compétences développées par leurs bénéficiaires. Cette exposition a également favorisé le partage d’expériences entre les centres, avec la possibilité d’identifier des pratiques susceptibles d’être reproduites dans d’autres localités. Les initiatives liées à l’autonomisation des jeunes femmes ont notamment bénéficié de cette mise en lumière.

Au terme des échanges, les participants ont insisté sur la nécessité de renforcer la cohérence des interventions à l’échelle nationale. L’élaboration d’une vision commune pour les treize centres figure parmi les principales recommandations formulées. Une telle orientation devrait permettre de mieux harmoniser les objectifs, les méthodes de travail et les mécanismes d’évaluation, tout en préservant la possibilité pour chaque structure de tenir compte des spécificités de son milieu d’intervention.

L’adaptation des formations aux réalités locales apparaît également comme une condition essentielle à l’amélioration des performances. Les besoins d’un jeune vivant dans une grande agglomération ne sont pas nécessairement identiques à ceux d’un bénéficiaire installé dans une zone confrontée à des difficultés économiques ou sécuritaires particulières. La diversification des parcours, la prise en compte des inégalités et la mise en place de dispositifs plus inclusifs devraient ainsi permettre aux centres de mieux répondre à la diversité des profils et des attentes.

Cette démarche s’inscrit dans les orientations des pouvoirs publics en faveur de la promotion de l’emploi et de l’autonomisation des jeunes et des femmes. Le plan spécial de promotion de l’emploi des jeunes annoncé par le président de la République, Paul Biya, lors de son discours d’investiture constitue, à cet égard, l’un des cadres évoqués pour renforcer les opportunités professionnelles, soutenir les porteurs de projets et favoriser l’accès à l’indépendance économique.

Pour le MINHDU, l’enjeu est désormais de traduire les recommandations issues de cette rencontre en améliorations concrètes dans le fonctionnement quotidien des centres. Le renforcement de la coordination, l’adaptation des formations et la valorisation des expériences réussies devront contribuer à accroître la portée des actions menées sur le terrain.

À travers cette évaluation nationale, le ministère entend ainsi consolider les CIJ comme des instruments de proximité au service de l’insertion socioprofessionnelle et du développement social urbain. La portée de cette initiative dépendra toutefois de la capacité des structures à transformer les compétences acquises en possibilités réelles d’emploi et d’entrepreneuriat. Au-delà des formations dispensées, le défi consiste à favoriser des parcours capables de conduire les jeunes vers une autonomie durable et une participation plus active au développement économique et social du Cameroun.

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